La Défense doit poursuivre ses investissements en matériel et en infrastructures et améliorer le statut des militaires pour l'amener au même niveau que celui des policiers, ce qui nécessite des moyens budgétaires accrus, a affirmé le "patron" sortant de l'armée, le général Marc Compernol, à quelques jours de son départ à la retraite.

Il a dressé mardi, pour quelques journalistes, un bilan de ses quatre ans passés à la tête des Forces armées, quelques heures avant la désignation par le gouvernement de son successeur, le vice-amiral Michel Hofman.

Le général Compernol s'est ainsi réjoui d'avoir réussi à mener à terme de grands investissements - les "Big Four" -, en référence aux contrats d'achat conclus pour 34 nouveaux avions de combat américains F-35, quatre drones MQ-9B SkyGuardian, 442 blindés à roues français et six nouveaux navires de lutte contre les mines en coopération avec les Pays-Bas, pour un montant de plus de sept milliards d'euros.

"J'ose dire que l'on a réussi grâce à un travail d'équipe et à un appui politique" accordé par quatre ministres de la Défense successifs (Steven Vandeput, l'éphémère Sander Loones, Didier Reynders et désormais Philippe Goffin), a-t-il affirmé au journal 'Le Soir' et à l'agence Belga.

Le chef de la Défense (Chod) plaide aussi pour les dépenses de défense atteignent en 2024 1,28% du Produit intérieur brut (PIB) - "pré-Covid", précise-t-il -, là où l'Otan demande 2% à cette échéance et que le chiffre pour 2019 n'était que 0,93%. Ce qui représente un montant supplémentaire de 2,4 milliards d'euros sur la législature en cours (2019-2024).

"Si on a cela, on sait payer tous les investissements engagés et travailler sur la deuxième priorité" de la Défense, la "recapitalisation" de son personnel, a-t-il souligné.