Face au Covid-19, l’inspection sociale a la lourde tâche de contrôler si les mesures de sécurité sanitaires et le télétravail sont bien appliqués en entreprises.

Or le nombre d’inspecteurs “au bien-être” n’est que de 136 pour l’entièreté du territoire. Un chiffre trop faible, selon certains.

Pierre-Yves Dermagne (PS, ministre du Travail, tient à répondre à la critique. Si le nombre de base est exact, les autres services d’inspection sont tous mis à contribution pour les contrôles, ce qui ferait porter l’effectif à environ 1000 personnes. Tous les inspecteurs ont reçu une grille des bonnes pratiques à avoir en entreprise. Autant de mesures à contrôler donc. “Entre le 23 mars et fin septembre, il y a eu 17633 contrôles”, précise le cabinet du ministre. “8170 infractions ont été relevées, 4109 avertissements signalés et 31 procès-verbaux ou pro justitia ont été dressés”, nous signale-t-on. Des sanctions ont également été prises et 92 entreprises ont dû fermer leurs portes. L’infraction la plus fréquente est le non-respect de la distance de sécurité de 1,5 m mais le nettoyage des espaces communs est aussi pointé du doigt.

"Dans la grande majorité des cas, l'infraction peut être rectifiée sur le champs, en déplaçant un meuble pour respecter la distance ou en débranchant un ventilateur par exemple", explique Angélique Coulouse, inspectrice sociale au SPF Emploi. "Ce qui n'empêche pas de donner un avertissement et de recontrôler ensuite."

Jusqu'à deux heures par contrôle

“Comme on ne peut pas mettre un policier derrière chaque citoyen, on ne peut pas mettre un contrôleur derrière chaque travailleur”, commente le cabinet, qui signale que les contrôles prennent jusqu’à deux heures, le temps de tout vérifier, rencontrer la direction mais aussi les travailleurs seuls, pour éviter toute influence.

Selon les contrôleurs, environ une entreprise sur deux était en infraction, plus ou moins grave.

"Ces chiffres démontrent que contrôler les normes sanitaires est une priorité pour le gouvernement et le SPF Emploi", souligne Pierre-Yves Dermagne. "Cela le restera pour plusieurs semaines ou mois, le temps de cette crise."

Le contrôle du télétravail est plus compliqué à effectuer, reconnaît l’administration. Mais si le contrôle des entreprises se fait en évaluant les risques que représente chacune d’elles, il se fait également sur base des plaintes éventuelles issues des travailleurs.