Ce plaidoyer a été fait par le commissaire général de la police fédérale, Marc De Mesmaeker, et la commissaire divisionnaire Anke Stakenborg, qui dirige la "Task Force GPI" mise sur pied par la police intégrée dès le début de la crise sanitaire, devant la commission spéciale chargée d'examiner la gestion de l'épidémie de Covid-19 par la Belgique.

La police doit être présente sur le terrain 24 heures sur 24, sept jours par semaine. Il n'est de plus pas toujours possible de respecter les mesures de distanciation sociale, notamment lors des arrestations, et les policiers sont régulièrement impliqués dans des incidents, voire exposés à des crachats, ont expliqué les deux responsables pour justifier leur demande.

"Nous comprenons (pour les vaccinations) que la priorité aille aux soins de première ligne", a admis le commissaire général, en se disant prêt à faire la distinction entre les policiers sur le terrain et les services de soutien.

La vaccination des policiers est prévue en avril. Le "patron" de la police fédérale a demandé que les agents de première ligne de la police soient vaccinés en février et les agents de deuxième ligne en avril.

Plus globalement, Marc De Mesmaeker a fait devant les députés une "évaluation très positive" de l'action de la police dans la gestion de la crise sanitaire, tout en soulignant qu'il est dans l'intérêt général qu'elle soit considérée comme "essentielle".

La police a toutefois payé un lourd tribut au Covid-19 et enregistré sept décès dans ses rangs.

Quelque 14.736 absences de collaborateurs ont été constatées entre mars et décembre 2020, sur un effectif total de 52.245 membres du personnel.

Plus de 11.000 policiers ont été placés en quarantaine - dont 5.830 qui présentaient des symptômes et 5.433 qui n'en présentaient pas. Au total, 3.473 membres du personnel ont été testés positifs au coronavirus.

Selon la commissaire Stakenborg, la continuité des services n'a toutefois jamais été mise en danger. Une capacité de réserve a été mise en place dès le début de la crise.

Le nombre de tâches a toutefois augmenté, avec la surveillance du respect des mesures sanitaires, qui est venue s'ajouter aux missions habituelles, avec des pics, comme lors des manifestations liées au mouvement Black Lives Matter en juillet et les préparatifs du Brexit, a indiqué la présidente du groupe de travail.

Au total, 202.245 procès verbaux pour infractions aux règles Covid ont été dressés entre mars et le 13 janvier 2021, soit environ de quatre à cinq par jour et par zone de police. Ils concernent principalement le non-respect de l'interdiction de rassemblement et de de déplacement (notamment celle des déplacements non essentiels pendant le premier confinement), les violations du couvre-feu en vigueur et le non-port du masque buccal.

Les trois responsables policiers ont toutefois critiqué le "morcellement des compétences" entre les différents niveaux de pouvoir qui n'a, selon eux, "pas contribué à la prise de décisions" rapide

Le commissaire divisionnaire Nicolas Paelinck, qui préside la commission permanente de la police locale, a pour sa part émis quelques suggestions pour l'avenir.

Il a plaidé en faveur d'une loi sur la pandémie afin que d'ancrer davantage les actions de la police dans un cadre juridique. Il a suggéré que l'avis de la police soit mieux pris en compte lors de la prise de décisions politique car c'est à elle qu'il revient d'appliquer ces décisions sur le terrain. Il a aussi insisté une amélioration de la mise en oeuvre des mesures décidées au niveau politique. Il a cité l'exemple d'une décision prise un mercredi par un conseil des ministres, reprise le vendredi soir dans un arrêté royal pour une entrée en vigueur le lundi suivant. Alors que la "foire aux questions" (FAQ) sur les sites officiels n'était mise à jour que le mardi. "Ce n'est pas possible" d'appliquer alors les mesures, a dit le commissaire Paelinck.