On ne compte pas moins de 28 policiers blessés à la suite des incidents survenus ce dimanche dans la capitale.

Les images des incidents survenus après la manifestation de ce dimanche parlent d'elles-mêmes : plusieurs casseurs s'en sont pris aux commerces du quartier de la porte de Namur et de l'avenue Louise. Des jets de pavés et d'autres projectiles contre la police sont également à déplorer. Si ces événements suscitent une polémique entre la gauche et la droite, côté police, la colère gronde aussi. Et pour cause : pas moins de 28 policiers ont été blessés ce dimanche sur place. De quoi pousser le SLFP à déposer un préavis de grève comme nous l'annonce le président du plus grand syndicat de police. Vincent Gilles tient tout d'abord à relativiser les chiffres de la violence policière en Belgique :

"La revendication principale de cette manifestation est la prétention d’une violence courante et exagérée des policiers belges s’appuyant surtout sur un fond raciste. Les chiffres démontrent pleinement que c’est un fantasme ! Le métier de policier est le plus surveillé de tous les métiers en Belgique. Trois organes de contrôle et de nombreuses associations telles que la Ligue des Droits Humains nous observent à longueur de temps", s'exclame le président du SLFP avant de citer quelques chiffres : "Quelques 200 cas par an d’usage de la force inapproprié (mépris marqué dans l’intervention ; serrage trop fort d’un colson aux poignets lors d’un service d’ordre). Entre 7 à 14 cas par an de violence caractérisée et inacceptable qui valent à leurs auteurs d’être démis".

Pour le SLFP, les conséquences de cette manifestation et de ses suites vont être terribles pour le travail de la police dans les jours et semaines à venir.

"Les collègues ont énormément de questions au sujet des décisions prises par l’autorité administrative et/ou le Gold (centre de commandement et de surveillance de la capitale). Les collègues présents sur place ont eu un énorme sentiment d’abandon du fait de la 'réserve' dans l’usage des moyens (arroseuses, …) et dans le caractère chaotique des ordres donnés, comme 'allez à tel endroit' ou 'revenez à la place précédente'. Nous estimons en effet – et nous allons prendre les initiatives nécessaires à cette fin – qu’autant Monsieur Close que le Gold doivent démontrer que toutes les décisions prises furent en effet subsidiaires, proportionnelles et utiles à la gestion de cet évènement … qui n’avait pas reçu d’autorisation. Par exemple et paradoxalement : le seuil de tolérance n’avait pas été déterminé avant la manifestation ! Plus largement, tous les collègues sur le terrain vont être confrontés maintenant et pour le reste du déconfinement à l’argument ' Et la manif’ BLM alors ! ' lorsqu’ils interviendront pour des motifs d’irrespect des normes Covid, faisant encore un peu plus diminuer le respect normalement attendu de la fonction de police" .

Autre conséquence de cette journée que la police ne risque pas d'oublier : le rejet total de la possibilité de travailler un jour à Bruxelles. "De très nombreux collègues nous ont contactés pour nous dire qu'il était hors de question de rejoindre une des six zones. La carence en personne n'est pas prête d'être effacée !", ajoute le président du syndicat qui condamne ce qu'il s'est passé aux Etats-Unis mais rejette aussi l'amalgame qui est désormais fait ici :

"S’il est évident pour le SLFP Police que tout fait de violence volontaire et illégal d’un policier/d’une policière doit être sanctionné, nous venons de démontrer que les policières et les policiers belges sont des personnes respectueuses dans leur énorme majorité. Cette énorme majorité, tout comme le SLFP Police, n’admet pas la violence volontaire et dénoncerait le cas rapporté. Mais cette énorme majorité en a aussi marre d’être l’objet d’amalgame avec une réalité lointaine qui n’est pas la sienne et en a marre d’être l’objet d’attaques malveillantes sans fondement".


Le syndicat SNPS se joint à l'initiative

Le syndicat de la police SNPS se joint à l'initiative d'un préavis de grève déposé par le SLFP, a indiqué le porte-parole Carlo Medo. "Nous le faisons non seulement parce que nous partageons le même point de vue, mais aussi parce que la violence que subissent les policiers et la stigmatisation envers la police doivent maintenant cesser. La coupe est pleine", a poursuivi Carlo Medo.

Le SNPS souligne que la lutte contre le coronavirus a demandé beaucoup d'efforts à la police. Lorsque des émeutes ont éclaté après la manifestation autorisée de Black Lives Matter, la coupe était pleine. "Des agents ont été insultés et raillés par des civils qui ont refusé de se conformer aux mesures de sécurité. Nous sommes contre toutes les formes de discrimination, mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de règles dans la société. Celles-ci sont claires: on ne peut pas se réunir à 10.000 personnes".