La manifestation en hommage au jeune Ibrahima ce mercredi soir a laissé place à des émeutes et à des scènes d'une extrême violence. Parmi les vidéos partagées ce soir-là, on peut notamment voir une policière recevoir des coups de pied alors qu'elle est à même le sol. Si aujourd'hui elle est presque rétablie, elle avait néanmoins dû être hospitalisée car elle présentait des signes de paralysie. Au lendemain de son agression, l'agente est revenue sur les faits auprès de nos confrères du Nieuwsblad. " Je viens de sortir de l’hôpital. La nuit dernière, la sensation de picotement dans mes jambes a disparu. J’ai encore mal partout mais les anti-douleurs soulagent. Je suis couverte de bleus, mais je vais probablement me remettre complètement ".

Kelly, maman d'un petit garçon de 9 ans, a été appelée en renfort alors qu'elle avait fini son service suite aux incidents en cours à Schaerbeek. La policière explique qu'un groupe d'émeutiers a foncé sur ses collègues et elle alors qu'ils tentaient de sécuriser une rue. Elle perd alors l'équilibre et se retrouve à terre, durant de longues secondes elle reçoit des coups de pieds dans le ventre et le visage par plusieurs individus. " Je n’oublierai jamais le regard de ces gars, plein de haine. J’ai reçu environ 30 coups de pied. Soudainement, j’ai entendu un homme hurler. Il leur demandait d’arrêter et leur disais que j’étais une femme, pas un homme. C’était un résident du quartier, un Marocain, je crois. Il m’a sauvé de ces jeunes en s’interposant. Mes collègues ont pu se débarrasser de leurs agresseurs et m’ont immédiatement pris sous leur protection. Je suis très reconnaissante envers cet homme et envers mes collègues. Si je n’avais pas porté ma combinaison de robocop, je n’aurais probablement pas survécu ", confie-t-elle.

Suite à ces événements, durant lesquels quinze policiers ont été blessés au total, Kelly explique avoir perdu toute motivation. Elle se demande même qui souhaite encore devenir policier à Bruxelles, une ville où le respect de l'uniforme s'est perdu selon elle. " Le parquet ne poursuit pas et les juges prononcent des peines ridicules. Nous ne sommes pas soutenus. La motivation est toujours là, mais plus que jamais nous avons l’impression d’être seuls, abandonnés par la politique et la justice. Cette manifestation n’aurait jamais dû être autorisée ", s'est-elle désolée.