"Nous sous-estimons et nions systématiquement le besoin d'intimité et de sexualité des femmes avec un handicap, avec tous les risques que cela entraîne", dénonce l'ASBL Aditi.

A l'occasion de la Journée internationale pour les droits des femmes le 8 mars, l'organisation, qui propose aux personnes en situation de handicap un accompagnement à la sexualité, veut attirer l'attention sur les sévices sexuels infligés aux femmes handicapées ainsi que souligner l'importance de l'éducation sexuelle. "Nous voyons lentement disparaître le tabou autour de l'intimité et de la sexualité des personnes avec un handicap. (La société) est de plus en plus convaincue que ce groupe nécessite, a besoin et a droit à une expérience sexuelle saine", estime l'association Aditi.

Mais ce bris du tabou vaut surtout, selon les chiffres de l'ASBL, pour les hommes. Aditi remarque également, lors de ses formations de professionnels dans des institutions, que les accompagnants entament assez bien des discussions sur la question avec les résidents masculins mais peu avec les femmes. "Un discours fréquemment entendu est qu'elles ne seraient pas concernées par le sujet", déplore l'association.

Pour l'organisme, les femmes en situation de handicap souffrent d'un manque de connaissance sur leur propre sexualité et se trouvent dès lors davantage exposées aux abus sexuels. Une enquête de l'université de Gand en 2018 montrait que les 120 répondantes handicapées avaient été plusieurs fois victimes de violences sexuelles. "La plupart de ces femmes en parlent rarement, souvent parce qu'elles pensent que c'est la règle du jeu."

Aditi plaide dès lors pour que l'enseignement spécialisé et les institutions pour les personnes handicapées abordent davantage ces questions et procurent une réelle éducation sexuelle et relationnelle à ce public.