L’hypothèse est sur toutes les lèvres depuis quelques semaines : y aura-t-il un vaccin contre le Covid-19 au printemps 2021, y compris en Belgique ? L’espoir a encore grandi depuis l’annonce, ce lundi, de la firme américaine Moderna, laquelle a assuré après l’analyse intérimaire de son essai en phase 3 que son vaccin contre le Covid-19 était efficace à 94,5 %. Une nouvelle qui suit de près celle des laboratoires Pfizer et BioNTech, qui annonçaient, la semaine dernière, l’arrivée imminente d’un vaccin efficace à 90 %.

Toujours ce lundi, la Commission européenne annonçait de son côté la signature d’un cinquième contrat d’achat anticipé, cette fois avec le laboratoire CureVac, qui s’ajoute aux contrats déjà conclus avec Pfizer-BioNTech, AstraZeneca, Janssen (Johnson&Johnson), et Sanofi-GSK. La Belgique, qui participe à la procédure européenne d’achat, peut légitimement espérer avoir accès à un ou plusieurs vaccins d’ici le printemps… pour peu que ceux-ci passent par toutes les procédures de validation.

Le bon timing

Le timing était donc parfait pour amorcer une stratégie de vaccination en Belgique, au moins sur le papier. C’est chose faite depuis ce lundi au terme d’une conférence interministérielle de santé publique réunissant les ministres de la Santé tant du fédéral que des régions. L’objectif est clair : il s’agira de vacciner 70 % de la population, sur une base volontaire et en comptant sur le fait que le vaccin sera gratuit. Le vaccin pouvant se présenter sous forme de "flacons multidoses devant être administrés le même jour", le programme prévoit que les citoyens soient vaccinés "en groupe autant que possible."

Côté sécurité, Sciensano et l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) se chargeront d’un plan de surveillance, avec l’appui du réseau flamand Vaccinnet, étendu pour l’occasion à toutes les entités fédérées. Enfin, une task force, composée entre autres de scientifiques et de représentants des autorités, de gestionnaires de crise et de représentants d’organisations professionnelles, contribuera à coordonner l’ensemble du programme (cofinancé par le fédéral et les entités fédérées).

La com, enjeu crucial

Mais l’opérationnel ne fait pas tout : la crainte est forte, au niveau européen, qu’une adhésion défaillante de larges pans de la population ne mette à mal les stratégies de vaccination - lesquelles nécessitent déjà une lourde planification. Message reçu cinq sur cinq, puisqu’on trouvera bien, au sein de la task force présidée par le professeur Dirk Ramaekers, directeur médical de l’hôpital Jessa à Hasselt, une cellule en charge de la "rationalisation et de la coordination de la communication scientifique et publique". Présidée par le professeur Yvon Englert, ancien recteur de l’ULB, cette cellule aura la lourde tâche d’assurer la bonne tenue d’un "débat sociétal" permettant, sur la base d’avis scientifiques, d’identifier les groupes prioritaires dans le processus de vaccination.