"La situation dans les prisons est toujours aussi catastrophique", pointe I.Care dans un communiqué. "Les conditions de vie en prison, déjà habituellement difficiles, se sont considérablement dégradées à cause de la pandémie (...)."

L'ASBL rappelle le cas de la prison de Forest, qui a dû être confinée pendant près de quatre semaines, "ce qui signifie un maintien en cellule malgré la vétusté des infrastructures, l'absence de visites familiales ou d'aide psycho-sociale". La situation est aussi tendue à Termonde où un détenu est décédé du Covid-19 et deux personnes sont actuellement dans le coma.

En avril dernier, la conférence interministérielle (CIM) Santé publique annonçait que le calendrier vaccinal s'appliquerait de manière similaire pour les personnes détenues et la population générale, priorisant uniquement le personnel pénitentiaire.

"Selon les informations à notre disposition, la vaccination du personnel pénitentiaire a en effet eu lieu. En revanche, la vaccination des personnes détenues vient de débuter, selon les critères énoncés en avril dernier (vaccination des personnes âgées de plus de 65 ans et celles souffrant de comorbidités)", souligne I.Care. "Par conséquent, pour une très large de majorité de personnes détenues, la vaccination n'interviendra pas avant de longues semaines, voire des mois."

Un décalage flagrant est donc en train de se creuser entre la population générale et les personnes détenues, estime l'ASBL. La vaccination est en effet aujourd'hui ouverte à beaucoup plus de citoyens belges depuis quelques jours.

"Les établissements pénitentiaires sont bien des collectivités (...). Ils sont donc exposés à un risque épidémiologique plus élevé. Dans ces conditions, l'ensemble des personnes détenues doit donc faire l'objet d'une vaccination prioritaire", insiste Vinciane Saliez, directrice d'I.Care.

L'association appelle donc les autorités à revoir le calendrier vaccinal et à l'ouvrir à l'ensemble des personnes détenues dès maintenant.