Face à l’augmentation constante des contaminations sur notre territoire, il ne faisait aucun doute que de nouvelles mesures plus strictes allaient tomber. L’objectif est clair : aplanir cette courbe qui continue de monter, dangereusement.

"Les chiffres sont alarmants et supérieurs à mars-avril. Le nombre de patients Covid en soins intensifs est, aujourd’hui, 2,5 fois plus élevé que fin mars", explique Alexander De Croo étalant les indices que l’heure est grave, et que des mesures fortes étaient donc nécessaires.

1. Fermeture de l’Horeca pour un mois

Fini la distinction entre les cafés et les restaurants. À partir de ce lundi, l’ensemble du secteur Horeca restera volet fermé, pour un mois, et sur l’ensemble du pays. La mesure, radicale, sera évaluée au terme de deux semaines. Toutefois, les plats à emporter restent possibles jusque 22 heures. L’interdiction vaut aussi pour les réceptions et les banquets organisés par les professionnels. Une exception toutefois pour les hôtels et les réceptions organisées pour des funérailles (qui, rappelons-le, restent limitées à 40 personnes).

2. Un couvre-feu entre minuit et 5 heures

À partir de la nuit de lundi à mardi, les déplacements non essentiels seront interdits entre minuit et cinq heures du matin. Les déplacements médicaux et professionnels (y compris les déplacements domicile-travail), seront toutefois autorisés durant cette période. La mesure vise surtout à donner un signal fort à destination des fêtards nocturnes. Des contrôles policiers seront prévus, bien que l’on ne sache pas encore actuellement l’ampleur des effectifs déployés à cet effet.

3. Le télétravail devient la norme

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (SP.A) a été clair : le travail à domicile devient la norme. La mesure ne concerne évidemment que les professions qui s’y prêtent, et de manière à assurer la continuité des entreprises. Le télétravail vise d’ailleurs à réduire l’affluence dans les transports en commun.

4. La bulle limitée à une personne

C’est la mesure sans doute la plus forte pour la population. Les contacts sociaux seront drastiquement limités dans les quatre semaines à venir. Dès lundi, les contacts rapprochés, les "contacts-calins" selon l’expression du ministre de la Santé, c’est-à-dire sans respect du mètre cinquante, seront limités à une personne. Un contact par personne, en dehors du foyer. Les rassemblements privés sont, eux, limités à quatre personnes par foyer. Cela signifie que vous pouvez inviter quatre personnes, toujours les mêmes pendant quinze jours. Après ces deux semaines, vous pourrez changer de contacts, et voir quatre autres personnes. Attention toutefois, pas question ici de contacts proches. Le fameux mètre cinquante de distance devra rester d’application. Dans les rues, les déplacements restent limités par groupe de quatre également.

5. Les écoles restent ouvertes

On ne touche pas aux écoles. La volonté de préserver l’enseignement était claire, répétée d’ailleurs par les trois ministre-présidents des communautés.

6. Les théâtres et cinémas restent ouverts

Le secteur de la culture peut continuer ses activités, selon les protocoles en vigueur actuellement. S’il s’agit d’une bonne nouvelle pour le secteur, Frank Vandenbroucke à d’ores et déjà annoncé qu’une évaluation du cadre était prévue dans le courant de la semaine prochaine pour, sans doute, parvenir à de nouvelles règles pour le secteur. Idem pour les sports. Le nouveau commissaire Corona nommé par le gouvernement, Pedro Facone, devra établir ces protocoles avec les ministres de tutelle dans les jours à venir. Le public admis lors des compétitions sportives professionnelles sera réduit. Désormais, les compartiments réservés aux spectateurs seront limités à 200 personnes. Les cafétérias et les buvettes resteront fermées.

7. Les brocantes sont interdites

Dès ce lundi, les marchés aux puces et les brocantes seront interdits sur le territoire belge. Cela vaut aussi pour les marchés de Noël qui ouvriraient leurs portes avant le 15 novembre. En revanche, les marchés et les foires de petite envergure peuvent continuer leurs activités. La consommation de nourriture et de boissons y reste toutefois interdite.

8. La vente d’alcool interdite après 20 h

Toujours dans le but d’éviter les rassemblements et les soirées, le comité de concertation a décidé d’interdire la vente d’alcool dans les magasins après 20 heures, en semaine et le week-end. Les night-shops devront, eux, fermer leurs portes à 22 heures.

9. Le baromètre se fait encore attendre

Annoncé le 22 septembre pour une mise en place prévue le 1er octobre, le fameux baromètre de Sciensano était très attendu. Sa mise en place devait être annoncée ce vendredi. Le ministre de la Santé a annoncé que l’outil est "défini, mais pas encore complet. Le commissaire Corona, Pedro Facon, a pour mission de l’affiner".

Ce baromètre doit permettre aux citoyens et aux médecins de situer le seuil de gravité sanitaire pour avoir des indications sur la marche à suivre pour freiner la circulation du virus. L’évolution du baromètre se déclinera en quatre phases, la première étant synonyme d’absence de circulation du virus, la dernière signifiant que la circulation du virus est dans une phase de gravité maximale. Alexander De Croo a annoncé que nous avons atteint ce stade critique.

10. Des aides déjà annoncées

Parmi le paquet d’aides qui devront soutenir les secteurs les plus impactés, une première enveloppe de 500 millions d’euros sera dégagée pour le secteur Horeca au sens large. Le droit-passerelle sera ainsi doublé pour les enseignes qui doivent fermer. Le Premier ministre Alexander De Croo a également annoncé que le report de cotisations Inasti serait prolongé. Parmi les aides, également, l’exonération des cotisations ONSS.

Les reports de paiements pour les prêts professionnels et hypothécaires sont, eux aussi, en discussion, mais au moment de mettre sous presse, aucune confirmation n’était donnée.

Autre mesure importante qui a été prise : la prise en charge par l’État des primes de fin d’année dans le secteur Horeca. Toutes ces mesures de soutien seront discutées en détail cette semaine (il y a encore cafouillage sur la baisse de la TVA) et devraient être avalisées au prochain conseil des ministres vendredi prochain.