Les attaques dont les pompiers bruxellois ont fait l’objet ces derniers jours sont loin d’être rares. Et ce phénomène s’amplifie : "Nous ne sommes qu’en septembre 2020 et il y a déjà 25 cas d’agression sur des pompiers", affirme Éric Labourdette, permanent du Syndicat libre de la fonction publique (SLFP). Mais cette situation n’est pas propre à Bruxelles. Selon Pablo Nyns, délégué de la Centrale générale des services publics (CGSP), "on constate une augmentation systématique de la violence en Europe".

"La crise sanitaire n’arrange rien, les gens sont davantage nerveux, rajoute le syndicaliste libéral. L es pompiers en ont ras-le-bol."

Sentiment d’insécurité

Le risque d’agression est un stress supplémentaire sur les épaules des soldats du feu, qui ont déjà un métier angoissant. "Il y a un stress lié à l’intervention. Le métier de pompier est technique et nécessite de prendre les bonnes décisions en fonction de la situation. Si, en plus, il faut se méfier de pavés ou de cocktails Molotov que l’on pourrait nous balancer, ça devient très pénible", râle Pablo Nyns.

Certes, il a été décidé que la police pourrait accompagner les équipes d’intervention. Mais cela ne diminue pas les craintes des pompiers : "On nous dit de ne pas intervenir sans la police. C’est inquiétant. On ne peut plus porter secours à quelqu’un en danger, alors que c’est notre métier", témoigne le représentant du SLFP.

Pour les pompiers, cela devient très compliqué d’assurer des secours de manière sécurisée, car ces agressions peuvent arriver à tout moment. Parfois, la situation dégénère au cours de l’intervention. Parfois, les pompiers sont carrément attirés dans un piège. "À Molenbeek, à la fin du mois d’août, c’était clairement fait exprès, témoigne Eric Labourdette. Une poubelle a été déplacée au milieu de la rue, puis a été incendiée. Une fois arrivés, on nous a lancé des bouteilles depuis les toits. C’était organisé. Un véritable guet-apens."

Des quartiers à l’abandon

Pour les représentants syndicaux, ces agressions à l’encontre des soldats du feu n’ont pas lieu partout à Bruxelles : "Ces événements arrivent toujours dans certaines communes et pas dans d’autres", explique Éric Labourdette.

Pablo Nyns partage ce constat. Pour lui, cela s’explique par le fait que "les quartiers sont laissés à l’abandon par l’État à tous les points de vue. C’est donc un problème social, qui doit se résoudre sur le long terme". Les pompiers attendent que les autorités prennent leurs responsabilités et proposent des solutions concrètes pour protéger les soldats du feu sur le terrain.