Laurent Simons est entré à l’école primaire à 4 ans et à l’université cinq ans plus tard.

"Si votre enfant joue à Anderlecht et reçoit une offre de Barcelone, vous allez quand même le faire ?" C’est avec cette métaphore footballistique que le père de Laurent Simons évoque le départ de son fils de 9 ans d’une université hollandaise vers une américaine. Universités ? Oui. Le petit Belge, qui réside à Amsterdam, dont le QI est évalué à 145, devait devenir fin de l’année le plus jeune diplômé universitaire de l’histoire, battant ainsi le record établi en 1994 par un Américain de 10 ans. Laurent n’obtiendra finalement pas son master en génie électrique de l’Université d’Eindhoven. Il a mis un terme à ses études, ont fait savoir ses parents, respectivement dentiste belge et assistante dentaire néerlandaise. 

La raison ? Un conflit sur le timing, l’université souhaitant reporter la remise de diplôme, selon le père, Alexander. Il avait aussi évoqué plus tôt un comportement d’intimidation de l’université et même une accusation de plagiat. L’Université, elle, s’en tient au désaccord sur le timing : "Laurent est un garçon au talent sans précédent, dont le rythme d’étude est exceptionnel, dit-elle. Cependant, l’Université ne considère pas cette date de fin ciblée comme réalisable, compte tenu du nombre d’examens que Laurent aurait dû passer avant son dixième anniversaire, le 26 décembre". 

Laurent devait en effet compléter un cursus de trois ans en dix mois. L’Université proposait désormais une fin mi-2020. Des discussions "confidentielles" sont à présent en cours avec une université américaine, "la meilleure du monde" selon le père, mais Laurent n’exclut pas de prendre une année sabbatique. Les spécialistes de l’enfance et la presse des Pays-Bas s’interrogent sur la situation de cet enfant exposé aux médias à l’initiative de ses parents, et qui le pousseraient à ce tempo rapide comme le feraient les proches d’un jeune talent du foot. Quid de sa croissance émotionnelle ? Mais certains experts reconnaissent aussi qu’avec une telle intelligence, Laurent doit avoir sa propre trajectoire, et que le plus important est qu’il soit heureux. Ce qui a l’air d’être le cas, quand on le voit en blouse blanche en laboratoire, face à ses circuits électriques. "L’école primaire ne me manque pas trop. C’est chouette" d’obtenir un diplôme universitaire, avait déclaré Laurent, qui rêve de "fabriquer des organes artificiels pour prolonger la vie".