Le bonheur des Belges est mis à mal, plus encore que lors du premier confinement. Telle est la conclusion d’une enquête de l’Université de Gand/NN du 30 novembre au 27 décembre 2020 (4 500 répondants).

Avant la crise, les Belges donnaient en moyenne une cote de 6,73 sur 10 à leur bien-être.

Au cours de la première vague, cela a légèrement baissé (6,62). C’est bien pire aujourd’hui (6,21). Le nombre d’adultes vraiment heureux est passé de 40 % à 30 % : 900 000 Belges ne le sont plus. Six Belges sur dix sont parfois ou toujours déprimés (50 % avant la crise). "La crise traîne dans le temps, il y a un manque de perspective et les gens ne comprennent plus les mesures. Pourquoi c’est possible pour eux et pas pour nous ? Qu’est-ce qui prouve que ces mesures marchent ?", commente Lieven Anenmans, professeur d’économie de la santé à Gand et à la VUB, un des directeurs de l’étude. Par contre, les personnes qui contribuent au bonheur des autres et celles qui s’impliquent davantage sont nettement plus heureuses.

Le sentiment de manque d’autonomie augmente de 56 % les chances d’être malheureux ! "Des personnes n’ont plus l’impression d’avoir le destin en main, que celui-ci est aux mains d’autres, des autorités."

Aussi, 37 % de la population souffre financièrement de cette crise et 1 Belge sur 10 indique même qu’il en souffre beaucoup.

Trois quarts des Belges se sentent modérément ou très seuls (contre 65 % lors de la première vague). "Beaucoup de personnes ont moins de contacts mais ont développé des relations plus qualitatives avec les proches", nuance Lieven Annemans.

La moitié de la population travaille au moins quelques jours par semaine à domicile. 26 % sont en télétravail tous les jours. Les Belges qui vivent mal le télétravail ont environ 32 % de chances en plus d’être malheureux. Lors de la première vague, une légère diminution du bonheur au travail des Belges avait déjà été constatée. La deuxième vague renforce sensiblement cette tendance. Le bonheur au travail est passé de 6,67 sur 10 avant la crise du coronavirus à 6,51 pendant la première vague, avant de descendre à 6,34 aujourd’hui. Le nombre de grands malheureux au travail, est passé de 8 à 32 % depuis la période pré-Covid.

Seuls 2/3 se sentent à l’aise pour travailler à domicile, et moins de la moitié des télétravailleurs indique avoir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Le bien-être en télétravail peut dépendre de la posture du manager : "Il est meilleur si celui-ci est dans la bienveillance, fait confiance, s’intéresse à la situation du travailleur, en lui demandant s’il arrive à travailler dans de bonnes conditions par exemple. Par contre, si ce chef est dans le contrôle à distance, s’il n’organise pas de pauses virtuelles, s’il appelle un vendredi soir… le télétravailleur se sentira plus accablé", explique le professeur Lieven Annemans.

Les collègues manquent. Seuls 36 % des travailleurs disent avoir suffisamment de contacts avec ceux-ci. Ils sont en revanche plus (56 %) à estimer avoir assez contacts avec leur responsable.