Pour l'UCM, les indépendants "voient le bout du tunnel"

Les indépendants et chefs de PME voient, cette fois, le bout du tunnel, a réagi l'Union des classes moyennes mardi, après l'annonce par le Comité de concertation de nouveaux assouplissements à partir du 9 juin. "Le timing est extrêmement prudent, trop peut-être sur certains points comme la liberté de shopping, qui aurait sans doute pu être rendue avant les soldes de juillet. Le 9 juin semble encore bien loin pour les professionnels de l'horeca, des salles de fitness, des agences de paris, etc. Mais au moins une date précise existe, qui permet de se préparer à une reprise définitive", estime dans un communiqué l'UCM pour qui "tout retour en arrière sur les engagements pris aujourd'hui serait inimaginable."

L'organisation de classes moyennes insiste au passage pour que la question des aides fédérales et régionales "soit éclaircie au plus tôt". "Le chômage corona et le droit passerelle en particulier doivent être prolongés au moins jusqu'à la fin de l'année, tout comme les possibilités de report de paiement', estime l'UCM.

Selon l'organisation patronale, il est indispensable de donner à chaque entrepreneur la possibilité de faire ses comptes et de voir dans quelles conditions il peut relancer son activité. "Il sera nécessaire de prévoir un accès au crédit pour certains et de proposer un accompagnement", conclut l'UCM pour qui les sept derniers mois de l'année seront déterminants pour l'activité économique.


L'horeca satisfait d'avoir une date claire mais demande un peu plus d'esprit pratique

L'ouverture de l'espace intérieur des établissements horeca dès le 9 juin satisfait les fédérations sectorielles. Celles-ci regrettent cependant que certaines mesures, comme la différence d'heure de fermeture en extérieur et en intérieur, manquent d'esprit "pratico-pratique". Le Comité de concertation a dévoilé mardi après-midi les grandes lignes du Plan d'été, établissant un programme de réouverture de différents secteurs. Les établissements horeca, qui ont pu rouvrir leurs terrasses samedi dernier, pourront dès le 9 juin ouvrir en intérieur également.

"C'est une bonne nouvelle. Cela va permettre aux restaurateurs de mettre en place une meilleure rentabilité", a commenté Fabian Hermans, administrateur de la fédération Horeca Bruxelles.

"Enfin une date claire", s'exclame Thierry Neyens, président de la fédération Horeca Wallonie. "Nous aurions souhaité le 1er juin, mais nous comprenons aussi que la date retenue correspond avec ce qui se fait en France", ajoute-t-il.

Les autorités françaises ont en effet annoncé lundi que les cafés, bars et restaurants pourraient rouvrir leurs terrasses le 19 mai dans l'Hexagone, puis leurs salles le 9 juin, avec une capacité réduite de moitié.

Les responsables des fédérations wallonne et bruxelloise pointent cependant deux bémols: un nombre de convives imprécis et une divergence entre les heures de fermeture de la terrasse (23h30) et de l'intérieur (22h00).

"On prend le plat principal à l'intérieur et le dessert à l'extérieur"; grogne M. Hermans.

Quant au nombre de clients par table, Thierry Neyens aurait préféré un nombre fixe plutôt qu'une formule de "quatre par table ou une famille". "Ce n'est pas à l'exploitant de s'immiscer dans la sphère des gens en demandant si tel ou tel fait bien partie de la bulle", constate le président d'Horeca Wallonie. "Nous avions besoin de quelque chose d'encadré certes, mais il faut du pratico-pratique, et pas des éléments qui pourraient prêter à interprétation dans le chef du client ou de l'exploitant."

Les Brasseurs belges aussi affichent leur satisfaction à l'issue du Codeco de mardi. "Une réouverture le 9 juin est une étape importante pour assurer l'avenir du secteur de l'horeca et brassicole et d'accroitre le bien-être de la population."

Tant les brasseurs que les fédérations horeca estiment cependant que les autorités doivent poursuivre leur soutien au secteur. "Le droit passerelle doit être maintenu car l'obligation de maintenir une distance d'1,5 mètre entre les tables diminue largement la rentabilité. On ne pourra dès lors pas reprendre l'entièreté de notre personnel", explique Fabian Hermans.

De son côté, Thierry Neyens est conscient que le bon déroulement des prochaines semaines passe par une bonne adhésion de la clientèle aux systèmes proposés. Selon lui, les quelques débordements observés le week-end dernier lors de la réouverture des terrasses ont été provoqués par des clients gravitant autour des terrasses. "La demande (pour une place en terrasse, NDLR) est très grande aujourd'hui. En ouvrant l'intérieur, on apporte une solution", conclut-il.

Le secteur événementiel se réjouit que le plan du Codeco "semble aller dans le bon sens"

Le plan d'été assouplissant les mesures sanitaires présenté mardi par le Comité de concertation semble "aller dans le bon sens", a réagi Bruno Schaubroeck de l'Alliance Belgian Event Federations, sur la Eén (VRT). Cet organisme rassemble les fédérations de différentes branches du secteur événementiel. "Dans tous les cas, le plan semble donner une perspective claire à une grande partie du secteur", s'est réjoui M. Schaubroeck. Les organisateurs de conférences et salons peuvent ainsi se préparer à un vrai redémarrage après septembre tandis que les secteurs du mariage et de la musique "pourraient être économiquement rentables dès cet été".

Les assouplissements prévus dépendront de l'évolution de la situation sanitaire, ce qui est "certainement une préoccupation", a toutefois relevé M. Schaubroeck. "Il nous reste encore quelques semaines avant de pouvoir redevenir rentables économiquement et entretemps, les chiffres doivent baisser. Mais la couverture vaccinale augmente très rapidement, ce qui est un très bon signe."

Des bonnes nouvelles pour l'événementiel étaient en tous cas nécessaires après 14 mois de fermeture. "Il est important que ce plan soit mis en œuvre", a souligné M. Schaubroeck, ajoutant que le secteur travaillera à la mise en place de "bons protocoles".

Le Codeco a annoncé mardi qu'à partir du 9 juin, les événements pourront accueillir jusqu'à 200 personnes en intérieur et 400 en extérieur. La jauge augmente le 1er juillet pour pouvoir accueillir jusqu'à 2.000 personnes assises à l'intérieur et 2.500 en extérieur. Les événements pourront rassembler jusqu'à 3.000 personnes en intérieur à partir du 30 juillet et 5.000 en extérieur tandis qu'à partir du 13 août, des événements de masse pourront être autorisés à 'l'extérieur, moyennant la preuve d'une vaccination ou un test PCR négatif.

Les prestataires de mariage, "très contents", saluent un "bond en avant"

À partir du 9 juin, les cérémonies de mariages pourront réunir jusqu'à 100 personnes à l'intérieur et 200 à l'extérieur, ce qui soulage les prestataires du secteur, fortement impacté par les confinements successifs imposés pour endiguer la propagation du coronavirus. "On est très contents, c'est le bout du tunnel", a réagi mardi auprès de Belga Alexandre Hames, président de la Fédération belge des prestataires de mariage. Pour l'instant, les mariés peuvent célébrer leur union avec 50 personnes maximum à l'extérieur, chez un professionnel dédié, c'est-à-dire une salle de mariage, un restaurant... La fête à domicile n'est pas permise. Le 9 juin marquera un changement: les cérémonies de mariages pourront s'organiser avec 100 personnes à l'intérieur et 200 à l'extérieur, a annoncé mardi après-midi le Comité de concertation. Des réceptions réunissant maximum 50 personnes à l'intérieur pourront être prévues, en suivant les protocoles fixés pour l'horeca soit, pour l'instant, un maximum de quatre convives par table.

La jauge augmentera le 1er juillet, avec, pour les cérémonies, 200 invités en intérieur et 400 à l'extérieur. Les réceptions pourront, elles, accueillir 100 personnes assises dès le 1er juillet et 250 dès le 30 juillet. L'objectif est que plus aucune restriction ne s'applique pour ce genre d'événements dès le 1er septembre. Ces assouplissements sont conditionnés à l'évolution de la situation sanitaire.

"C'est le bout du tunnel", s'est réjoui Alexandre Hames, président de la FBPM, organisme fondé durant la crise sanitaire pour faire entendre la voix du secteur marital. "La crise aura fait beaucoup de mal, on a eu des difficultés à se faire entendre", a-t-il regretté.

Les soirées dansantes ne devraient pas pouvoir être organisées avant le 1er septembre mais au vu du "bond en avant" annoncé pour le 9 juin, cette limitation ne semble pas être une déception pour la Fédération. Celle-ci compte environ 450 membres mais veut représenter tout prestataire de mariage.

Les cinémas soulagés de pouvoir rouvrir le 9 juin

Les exploitants de cinémas étaient plutôt heureux mardi après-midi à la suite de l'annonce du Comité de concertation que leurs salles seront autorisées à rouvrir leurs portes dès le 9 juin, moyennant des protocoles de ventilation. "Nous sommes soulagés de pouvoir enfin rouvrir après plus de 11 mois de fermeture cumulés", a réagi auprès de Belga Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB). Les cinémas n'ont pu accueillir des spectateurs que lors d'une "pause de trois mois", pendant l'été, entre deux confinements imposés pour endiguer la propagation du coronavirus. Une fermeture qui a fortement pesé et qui prendra fin le 9 juin. "Nous sommes contents d'être avertis à temps, on espère que les détails des modalités seront aussi connus" suffisamment tôt, a déclaré M. Laermans. Il estime qu'il faudrait deux à trois semaines pour permettre aux exploitants de salles de cinéma, que son organisation représente, de se préparer. "Il faut constituer des stocks, recontacter le personnel et l'informer des nouvelles mesures...", illustre-t-il.

Selon les mesures annoncées par le Codeco, les salles de cinéma devraient pouvoir accueillir 200 personnes, limite fixée à tout événement intérieur, explique le secrétaire général de la FCB. "Beaucoup de salles n'arriveront pas à cette jauge car la distanciation physique limite de toute façon la capacité à 25 ou 30%."

Les exploitants estiment par ailleurs que la consommation de nourriture et de boissons devra aussi être autorisée dans les salles. "Il n'y a pas de raison que l'horeca puisse rouvrir à l'intérieur et qu'on ne puisse pas manger du pop-corn et boire dans les cinémas", prévient M. Laermans. Le port du masque sera toujours exigé dans les salles mais la Fédération considère qu'il devra être possible de l'enlever pour manger.

Du côté de la programmation, le secrétaire général de la FCB assure qu'il y aura "des films pour tous les goûts".

Le secteur du fitness espère une réouverture définitive

Les propriétaires de salles de fitness sont satisfaits de la reprise de leurs activités à partir du 9 juin et souhaitent que cette réouverture soit définitive, sans risque de devoir à nouveau fermer leurs portes, réagit Fitness.be. Selon la fédération sectorielle des centres de fitness, de nombreuses salles sont déjà équipées pour éviter la propagation du coronavirus. Mardi, le comité de concertation a décidé que les salles de fitness pourraient rouvrir à partir du 9 juin, moyennant des protocoles relatifs à la ventilation et l'utilisation obligatoire d'un appareil de mesure de la qualité de l'air.

Pour Philippe De Jaegere de Fitness.be, il s'agit d'une excellente nouvelle pour un secteur gravement touché par la crise et fermé depuis plusieurs mois. "Nous sommes très heureux qu'on nous offre enfin des perspectives. Nous espérons que les autorités s'y tiendront car une nouvelle fermeture serait très dommageable, ce n'est pas une option", prévient-il. "Nous recevons des témoignages difficiles car les professionnels doivent faire face à des frais importants, notamment pour les machines de musculation."

Le secteur du fitness est d'ailleurs caractérisé par une économie lente, poursuit-il. La population ne reprendra pas immédiatement ses habitudes et un retour à la normale n'interviendra donc pas avant septembre ou octobre.

La fédération, qui regroupe plus de 400 membres, assure que les salles de fitness se sont préparées à cette reprise et qu'elles disposent déjà du matériel demandé. "La majorité des salles ont un système de ventilation mécanique", confirme Philippe De Jaegere.

Fitness.be souligne par ailleurs que ses membres contribuent à la bonne santé de la population et au renforcement de la résistance physique, particulièrement importants en cette période de pandémie.

Comeos satisfaite pour les magasins et les restaurants

La fédération du commerce Comeos est satisfaite des mesures prises mardi par le Comité de concertation concernant les restaurants et les magasins. Les premiers sont autorisés à ouvrir leur espace intérieur dès le 9 juin, sous conditions, alors qu'il sera possible de faire des achats en magasin dans des conditions normales le 1er juillet. "C'est une bonne chose que les limitations dans les magasins disparaissent complètement et qu'on puisse refaire du shopping de façon normale, comme nos clients apprécient tant le faire", commente Comeos.

La fédération représente également les chaînes de restauration et se réjouit donc de revoir des clients pénétrer à l'intérieur d'un établissement horeca dès le 9 juin. "L'unique ouverture des terrasses n'était pas rentable pour la plupart des propriétaires de restaurants. C'est un premier pas important et cela augure d'une reprise, mais il faudra encore des mois avant que le secteur ne relève la tête", conclut la fédération.

La FEB satisfaite de voir revenir un peu de personnel sur le lieu de travail

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) est satisfaite que les travailleurs puissent à nouveau se rendre sur leur lieu de travail. Le Comité de concertation a en effet décidé mardi que les employés pouvaient être actifs sur le lieu de travail un jour par semaine à partir du 9 juin. Le télétravail sera recommandé à partir du 1er juillet et perdra son caractère obligatoire. "L'organisation d'employeurs est particulièrement satisfaite que (...) la possibilité de moments de retour sur le lieu de travail soit désormais prévue pour les télétravailleurs, car les effets négatifs du télétravail obligatoire à temps plein commencent à se faire sentir tant chez les employeurs que chez les travailleurs."

En télétravail, "les travailleurs perdent le lien avec l'entreprise et leurs collègues, les exercices de réflexion stratégique sont reportés et il reste difficile de garder les jeunes débutants à bord dans un environnement numérique", ajoute la fédération patronale.

La FFMWB se réjouit d'avoir enfin un calendrier mais craint pour le secteur des festivals

Le comité de concertation a annoncé mardi une augmentation progressive du nombre de personnes autorisées pour les événements en extérieur au fur et à mesure de l'été. De 400 personnes le 9 juin, la jauge devrait augmenter jusqu'à 5.000 en aout avant de disparaitre totalement en septembre. La fédération des festivals de musique Wallonie Bruxelles (FFMWB) se réjouit d'avoir enfin un calendrier de reprise des activités mais craints pour certains festivals. "Clairement on va dans la bonne direction", déclare Didier Gosset, représentant de la FFMWB. " C'est vraiment bien qu'on ait enfin des perspectives, mais les mesures annoncées signent l'arrêt de mort de tous les grands festivals cet été, la plupart vont sans doute confirmer leur annulation dans la foulée."

La fédération craint aussi la disparition de certains événements. "Ces annonces arrivent tard, trop tard, beaucoup de festivals ont déjà renoncé à leur édition 2021", déplore Didier Gosset. "En Flandre, il y a un fonds de garantie qui a permis aux festivals comme Tomorrowland de continuer leur organisation sans que ce soit trop risqué, mais nous n'avons pas ça en Fédération Wallonie Bruxelles. Il va y avoir de la casse, c'est certain."

La question se pose également sur l'éventuel problème de discrimination lié au futur coronapass. "Certains festivals ont un public essentiellement constitué de jeunes, comme ils seront vaccinés en dernier ils ne pourront pas avoir le pass corona et ils n'auront donc pas accès à ces festivals qui perdront de ce fait la majorité de leur public", explique Didier Gosset.

Les représentants des cultes satisfaits

Les présidents de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), Mehmet Üstün, et du Consistoire israélite, Philippe Markiewicz, ainsi que le porte-parle de la Conférence épiscopale de Belgique, Tommy Scholtes, se sont tous les trois dits contents de la décision prise mardi par le Comité de concertation d'autoriser jusqu'à 100 personnes à l'intérieur et 200 personnes à l'extérieur lors des services du culte, mariages et funérailles à partir du 9 juin. Philippe Markiewicz a félicité la décision positive du Codeco. "Il y a une amélioration, il faut la saluer et surtout espérer que la situation sanitaire évolue dans le bon sens. C'est ça l'essentiel", a-t-il réagi. "C'est une décision qu'on attendait et nous en sommes heureux", a de son côté commenté Mehmet Üstün. Tommy Scholtes s'est lui aussi dit content "de voir cette éclaircie arriver". Et d'ajouter: "Cent personnes à l'intérieur, c'est déjà bien. Quinze personnes, c'était vraiment très difficile et les formules avec 50 personnes dehors étaient très précaires".

Le porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique s'est néanmoins interrogé sur la raison pour laquelle les cultes n'avaient pas été associés à la culture, qui pourrait accueillir 200 personnes à l'intérieur (et 400 à l'extérieur, NDLR). "Je crois que les gens assis dans une église ne courent pas plus ou moins de risque que dans une salle de spectacle", a-t-il pointé, avant de relativiser: "c'est tout de même une satisfaction. Il faut tenir jusqu'au mois de juin, mais on le fera dans le sens de la responsabilité collective, pour respecter le déconfinement progressif".

Seules 15 personnes peuvent être présentes en même temps dans un lieu de culte en ce moment, peu importe la taille ou le nombre de pièces dans le bâtiment. Les enfants jusqu'à l'âge de 12 ans accomplis et le ministre du culte ne sont pas pris en compte. Depuis le 8 mai, les célébrations religieuses peuvent de nouveau se dérouler à l'extérieur avec 50 fidèles.