Non, c’est non : l’élargissement de la "bulle sociale" n’est pas pour tout de suite. Le Conseil national de sécurité n’a pas flanché et a décidé de maintenir le nombre de contacts sociaux "rapprochés" à cinq personnes seulement - en dehors du contexte familial proche. Une mesure drastique amenée à perdurer jusqu’au 30 septembre au moins.

C’est que le "virus circule toujours", a rappelé la Première ministre Sophie Wilmès : hors de question de relâcher la pression, malgré la baisse constante des nouveaux cas de contamination en Belgique (534,6 par jour en moyenne sur la période du 10 au 16 août, soit une baisse de 13 % par rapport à la semaine précédente), et un niveau d’admissions à l’hôpital stable (les décès ayant malheureusement augmenté, à plus de 10 par jour en moyenne).

À dix jours de la rentrée scolaire, dans un contexte de chassé-croisé avec de nombreux retours de vacances, le CNS a donc privilégié la prudence, comme le lui avaient conseillé les experts du GEES en charge de la stratégie de déconfinement.

Il n’empêche, le maintien de la "bulle de cinq" est largement perçu comme sévère (la Belgique est le seul pays de l’Union Européenne à avoir adopté une telle mesure), aussi la Première ministre a assuré mesurer "la frustration" ressentie par la population. Le CNS a d’ailleurs pris acte, confiant au Celeval (la cellule d’évaluation des mesures prises par le CNS), le soin de plancher sur la question des contacts sociaux sur le long terme (lire ci-contre).

Pour autant, quid de certains assouplissements attendus, en particulier du côté du secteur culturel, à l’agonie depuis plusieurs mois ? Voici ce qui va changer - ou pas - dans le détail.

Le secteur culturel va pouvoir "remplir" un peu plus

Le secteur culturel le réclamait à cor et à cri, demandant a minima qu’on lui permette d’accueillir un public plus fourni qu’à l’heure actuelle - les capacités étaient jusque-là limitées à cent places en intérieur, et 200 à l’extérieur. Ces capacités sont désormais doublées, passant de 200 places en intérieur à 400 en extérieur dès le 1er septembre. Si l’on est loin du geste fort que réclamaient de nombreux acteurs culturels (lire en p. 7), ce doublement de capacités, qui s’accompagne toujours de l’obligation du port du masque et de la distanciation sociale, devrait soulager un secteur qui n’en demeure pas moins sinistré. À noter que cet assouplissement vaut aussi pour les événements sportifs.

Les funérailles pourront rassembler 50 personnes dès le 1er septembre

Du côté des rassemblements de plus petite envergure, le CNS a consenti à une exception : celle-ci concerne les funérailles, qui pourront dès le 1er septembre compter jusqu’à 50 personnes (sous réserve de respecter la distanciation sociale et de porter un masque). Concernant les rassemblements de type mariages (ou une simple fête), la "règle des 10" reste en vigueur, mais pourrait évoluer à la mi-septembre, lors du prochain CNS.

Faire ses courses autant de temps qu’on le souhaite… et à deux si on le veut

À l’instar du secteur culturel, le commerce est en souffrance en Belgique, grevé par de longues semaines de fermeture forcée lors du confinement et un été moribond (lire également p. 6). En cause, la limitation du "temps de course" à trente minutes chrono et en solitaire… Dès ce 24 août (quelques jours seulement avant la fin des soldes), il sera donc permis de faire ses courses à deux et pour un temps indéterminé - le CNS comptant sur la responsabilité des citoyens pour ne pas abuser de ce temps.

Les couples binationaux non mariés pourront (enfin) se retrouver

#Loveisessential (l’amour est essentiel), clamaient des milliers de couples binationaux du monde entier séparés depuis des mois à cause des restrictions imposées aux frontières pour contenir l’épidémie. Ces couples non mariés, dont un conjoint(e) se trouvait parfois dans un pays (hors UE) en zone rouge, se voyaient privés de retrouvailles sur le sol belge, un tel acte constituant aux yeux des autorités un voyage "non essentiel" (d’où le message : "loveisessential"). Le CNS a donc remédié à cette situation en autorisant ce type de voyage - finalement essentiel - dès le 1er septembre, à la condition que les conjoints puissent prouver au moins un an de relation durable. Plus facile à dire qu’à faire : du côté du ministère des Affaires étrangères, on nous informe que les modalités (les documents à fournir, notamment) seront établies par l’Office des étrangers. De quels types de documents parle-t-on ? Mystère…

Les écoles en code "jaune"

Au final, la question de la rentrée scolaire est demeurée secondaire au cours de ce CNS : il est toujours prévu que les enfants puissent se rendre à l’école cinq jours par semaine, moyennant le respect des mesures déjà de mise qu’impose le code "jaune" : hygiène des mains, contacts avec des tiers extérieurs à l’école réduits au maximum, distanciation sociale accrue si besoin. À noter que, comme pour le port du masque, la situation peut varier d’une zone à l’autre : à charge des pouvoirs locaux d’ajuster les mesures si besoin.