L’assouplissement de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), votée fin décembre en commission de la Santé de la Chambre, prévoit une dépénalisation totale de l’avortement considéré uniquement comme un acte médical. Elle fait passer le délai dans lequel un avortement peut être pratiqué de 12 semaines à 18 semaines après la conception. Pour la femme qui exprime sa volonté d’interrompre sa grossesse, le délai de réflexion minimum a été ramené de 6 jours à 48 heures

Allongement du délai

On attend incessamment (ce jeudi ?) l’avis du Conseil d’État sur ce texte soutenu par les socialistes (PS et SP.A), les écologistes (Écolo-Groen), les libéraux (MR et Open VLD), ainsi que Défi et le PTB. À l’inverse, le CDH, le CD&V, la N-VA et le Vlaams Belang y sont farouchement opposés.

C’est principalement l’allongement du délai dans lequel une IVG peut être pratiquée (de 3 mois à 4 mois et demi de grossesse) qui heurte les opposants à la modification.

Cette extension de la loi se base sur un constat : chaque année, des femmes résidant en Belgique se rendent à l’étranger - aux Pays-Bas principalement, où l’IVG est autorisée jusqu’à 22 semaines - pour avorter parce qu’elles ont dépassé le délai belge (12 semaines).

Les derniers chiffres de la Commission nationale d’évaluation de la loi IVG montrent que 472 femmes belges ont avorté aux Pays-Bas en 2017 et 527 en 2016. Ce sont le plus souvent des femmes précarisées qui sont concernées. Des médecins pratiquant l’avortement dans les centres extra-hospitaliers demandent d’allonger le délai jusqu’à 18 semaines pour davantage coller à la réalité observée sur le terrain et éviter aux femmes concernées de devoir faire ce voyage médical vers les Pays-Bas.