Jeudi, répondant à une sollicitation de la Conférence interministérielle Santé publique (CIM), le Conseil supérieur de la santé (CSS) a rendu public son avis sur l’utilisation du vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech chez les 16-17 ans, seul vaccin actuellement approuvé pour cette tranche d’âge par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS).

Comme il en va pour la population adulte, l’organe d’avis recommande de vacciner rapidement et donc en priorité tous les adolescents de 16 à 17 ans avec comorbidité(s). Quant aux autres jeunes de cette tranche d’âge, ils devront être vaccinés "selon les modalités prévues par la task force pour la population générale", sachant que plus on descend dans les tranches d’âge, plus le bénéfice individuel de la vaccination est faible.

Alors que les 16-17 ans représentent environ 2,16 % de la population nationale, en date du 7 mai 2021, sur les 71 199 hospitalisations liées au coronavirus comptabilisées depuis le début de l’épidémie, seules 91 concernaient des adolescents âgés de 16 à 17 ans. Parmi eux, neuf jeunes ont été admis aux soins intensifs pour la période allant de mars 2020 à février 2021. Jusqu’ici, dans notre pays, dix décès ont été enregistrés dans la catégorie 0-24 ans (0,04 %), et aucun d’eux ne concernait des jeunes de 16 ou 17 ans.

Selon le rapport du CSS, "les effets secondaires à court terme semblent en outre limités chez les jeunes de 16 et 17 ans, mais il existe encore peu de données sur le sujet". Rappelons que les autorités sanitaires américaines et l’EMA (Agence européenne du médicament) ont approuvé l’utilisation du vaccin à partir de 16 ans sur la base des études cliniques d’enregistrement des vaccins auprès des autorités compétentes.

L’importance du consentement éclairé

Pour le CSS, la notion de "consentement éclairé" est importante pour les 16-17 ans (mineurs). "L’implication active des professionnels de santé, des parents et/ou des responsables légaux, de l’école, des acteurs sociaux, etc., est fondamentale pour apporter toutes les réponses adéquates à leurs questions par rapport à la vaccination", insiste-t-il.

Outre le fait que cette vaccination contribue à limiter la circulation du virus au sein et via une population ayant de nombreux contacts sociaux, "le vaccin permettrait de réduire le stress lié à la circulation du virus au sein des écoles et de favoriser un retour plus aisé à la normale pour le secteur de l’enseignement, et de la formation de manière générale", estiment les auteurs du rapport.

Quant à la question de savoir s’il est "éthiquement" et médicalement acceptable de prévoir la vaccination de masse des adolescents dans les pays riches alors que des patients âgés et fragiles ne sont pas encore vaccinés dans le reste du monde, le CSS s’interroge et se penchera sur la problématique "en cas de décision de vaccination de masse de tous les enfants dans certains pays".