Dîners, cérémonies religieuses et soirées privées.... La Libre répond à trois questions récurrentes. 

Les dîners privés sont-ils autorisés ?

Les dîners entre amis, à la maison, ne sont évidemment pas interdits, mais il vaut mieux les éviter, explique-t-on au SPF Santé publique. Parce que "vous allez vous voir, vous allez sûrement vous faire la bise", alors que "les contacts physiques sont déconseillés. Jusqu’au 3 avril, essayez de rester le plus éloigné les uns des autres". Ce conseil vaut particulièrement pour les personnes âgées de plus de 70 ans, les plus vulnérables, pour lesquelles il est raisonnable de réduire les risques de contamination au maximum. À partir du moment où ces invitations amicales ne sont pas prohibées, "il faut faire appel à la responsabilité individuelle", estime l’épidémiologiste Marius Gilbert (ULB), sur les ondes de La Première. "Si vous organisez un dîner chez vous avec 15 personnes, vous contribuez à un risque plus important de transmission. On ne peut pas dire l’inverse. C’est donc la responsabilité individuelle. Participez avec les autres à cet effort collectif qui vise à réduire la transmission, tout simplement."

Les cérémonies religieuses - mariages, funérailles, baptêmes, messes, etc. - peuvent-elles avoir lieu ?

Anticipant les mesures annoncées par Sophie Wilmès, les évêques de Belgique avaient communiqué dès jeudi après-midi leur décision de suspendre toutes les messes et célébrations publiques dans notre pays. Les baptêmes, mariages et funérailles pourront cependant se dérouler en cercle restreint. "Il n’y a pas de règles formelles, précise le père Tommy Scholtes, mais nous faisons appel à la prudence et au sens des responsabilités de chacun." L’idée est de demander aux gens organisant ces cérémonies religieuses de se limiter à la famille et aux personnes vraiment très proches. "Au sein même de l’église, nous essaierons de veiller à ce que les personnes présentes gardent entre elles une distance raisonnable, mais on ne va pas imposer 1,5 m ou 75 cm. Le but est que tout le monde se rende bien compte qu’il faut garder ses distances, surtout avec les personnes que l’on ne connaît pas bien."

De son côté, le SPF Santé publique précise que les mariages et baptêmes "ne peuvent se dérouler qu’en cercle intime et doivent se limiter à la cérémonie. La fête qui se déroule habituellement après doit être annulée". "I l est clair que, si une famille organise une fête, je lui dirai aussi qu’il est sans doute plus prudent de la reporter dans un mois, commente Tommy Scholtes. Mais annuler une cérémonie de mariage que les gens préparent parfois depuis un an s’avérerait plus compliqué." Pour permettre aux chrétiens de garder "une capacité de ressourcement et des temps de prière à la maison", l’Église a également décidé de diffuser les messes dominicales via les médias catholiques, en radio et à la télévision. Certaines paroisses réfléchissent par ailleurs à la mise sur pied de célébrations qui seraient diffusées en Facebook Live. "Ce seront bien sûr des messes en tout petit comité, on ne va pas y amener une chorale de 25 personnes", précise le Père Scholtes. Par cette démarche permettant de prendre part de manière virtuelle à ces célébrations, "l’intention est de renforcer la communion entre les personnes, même si l’on a moins de contacts physiques".À noter encore que les églises demeurent accessibles pour la prière ou la méditation personnelle.

Les soirées privées étant interdites, qui va payer la note pour le traiteur, la salle, le DJ, les sous-traitants et autres ?

La Première ministre Sophie Wilmès l’a annoncé jeudi soir, toutes les activités récréatives, publiques ou privées, sont annulées. Celui qui déciderait de maintenir sa soirée dansante, par exemple, "le fait à ses risques et périls", ajoute-t-on au SPF Santé publique. L’organisateur d’un tel événement "risque de mettre les autres en danger". "On déconseille les rassemblements de plus de cinq personnes. Dans une salle de réception, il y a des contacts, on ne sait pas qui a les symptômes du coronavirus. Il faut vraiment éviter ce genre de rassemblement."

La question des frais d’annulation, liés à la location d’une salle, à l’engagement d’un DJ ou d’un traiteur, se pose alors inévitablement. L’organisateur pourra-t-il être remboursé d’une manière ou d’une autre ? "Il faut voir avec la salle" et autres prestataires, répond-on au SPF, "le gouvernement n’a rien prévu pour rembourser ce genre d’annulation".

"Les organisateurs d’événements qui ont souscrit une assurance annulation peuvent y faire appel pour autant que la situation qui se présente est couverte par le contrat", indique l’union professionnelle des entreprises d’assurances, Assuralia. "Généralement, ces contrats couvrent les pertes que subit l’organisateur assuré lorsque l’événement est annulé pour des raisons indépendantes de sa volonté (par exemple suite à une interdiction de rassemblement). Les conditions générales et particulières du contrat d’assurance précisent quelles pertes sont prises en charge et dans quelles limites."