Comme chaque jour depuis le début de la pandémie de coronavirus, les autorités ont dévoilé le nombre de nouveaux cas et décès journaliers en Belgique. Les experts ont également fait quelques précisions et répondu aux questions les plus posées.

Souvent interrogé au sujet du nombre de tests réalisés en Belgique, Emmanuel André, le porte-parole interfédéral Covid-19 a donné quelques précisions. "Au cours des 24 dernières heures, 4.300 tests ont été réalisés et 1580 personnes ont été diagnostiquées positives grâce à cela: 1049 en Flandre, 370 en Wallonie, 149 à Bruxelles". Il a également rappelé que, cette semaine, les tests seraient renforcés dans les maisons de repos. "Parmi les 20.000 tests qui ont été rendus disponibles, 1569 prescriptions ont déjà été encodées dans le système national. Et ce nombre va continuer à augmenter très largement dans les heures et les jours qui viennent. Les résultats de ces tests ne sont pas encore inclus dans les chiffres rapportés car les échantillons sont en cours d'acheminement vers les laboratoires."

"La situation reste difficile dans le secteur des soins. Il n'y aura jamais assez d'applaudissements pour remercier le personnel de soin pour leurs efforts. Par respect pour eux et leurs efforts, il faut absolument continuer à respecter les mesures. Nous allons commencer une nouvelle campagne de sensibilisation. Elle a pour objectif de nous aider à tenir. Si, dans quelques mois, nous voulons profiter de l'été, il faut encore tenir bon", a souligné Benoît, Ramacker, porte-parole du Centre de Crise.


1) Mettre ses vêtements au congélateur peut-il détruire le virus? Et au lave-linge ?

"Il faut bien comprendre que le virus va rester vivant quand on le conserve au congélateur. Par contre, il est sensible à la température. Mettre son écharpe ou son masque dans un congélateur ne va pas permettre de contrôler l'infection. Par contre, faire la vaisselle ou une machine à laver va contribuer à éliminer le virus puisqu'il est sensible à la température. Le virus sera annihilé par ces gestes du quotidien. Ils permettent de se débarrasser du virus", explique le virologue. 

2) Certains dermatologues disent que le coronavirus provoque des éruptions cutanées, qu'en est-il?

Dans certains cas, des patients infectés présentent des éruptions cutanées. Cela doit encore être confirmé. De nombreuses infections virales peuvent provoquer des infections cutanées. Ce ne serait donc pas étonnant que ça se produise dans le cas du coronavirus. Cela pourrait être un marqueur éventuel d'infection mais ce type de manifestation cutanée ne doit pas être considéré comme une attestation du fait qu'on aurait l'infection. Ces rougeurs peuvent apparaître dans de très nombreuses situations médicales.

3) Qu'en est-il de l'occupation des lits en soins intensifs?

De nombreux patients sont en soins intensifs. Dans certaines régions, le taux d'occupation de ces lits est bien au-dessus des 56% qui est une moyenne nationale. Il y a des solutions, notamment en transportant les patients dans d'autres hôpitaux. Mais il y a encore du travail. D'autant que certains patients restent dans les lits pendant plusieurs semaines.

4) Pourquoi n'y a-t-il pas plus de tests réalisés?

Ces dernières semaines, la capacité à faire des tests a été très largement augmentée. Et elle est mise à disposition de l'ensemble de la population belge. Augmenter cette capacité doit être suivi de tout un processus de démarrage., qui est en cours. Les maisons de repos ont accès à une série de tests de diagnostiques. On ne peut pas servir tout le monde en même temps. C'est une approche progressive. Il n'y a pas de problèmes d’approvisionnement.


5) Est-il trop tôt d'évoquer un déconfinement?

Le fait que nous voyons des signaux positifs en termes de taux d’hospitalisation donne un certain espoir. Aller trop vite serait une erreur. Nous laisserions alors le virus reprendre sa dispersion dans la communauté sans que nous ne puissions le contrôler ni encaisser les cas les plus graves. Ce qui a été initié c'est la réflexion du timing du confinement. C'est un travail important, qui prend du temps. Cela ne veut pas dire que nous commençons aujourd'hui le déconfinement. Certainement pas.

6) En termes de déconfinement, la Belgique n'est-elle pas dépendante de ce qui se fait dans les pays voisins? 

La situation en Belgique, comme dans d'autres pays, va évidemment être dépendante de l'évolution dans les pays avec lesquels nous avons beaucoup de contacts. C'est important de tenir compte de l'évolution dans d'autres pays. Mais, en plus, il faut aussi se coordonner aux niveaux européen et mondial de façon à poser les choix qui permettront de revenir vers plus de connexions internationales sans prendre de risques supplémentaires.

7) Si les hospitalisations continuent à diminuer, les résidents des maisons de repos pourront-ils se rendre à l'hôpital?

Il n'y a pas de frein à ce que les patients qui nécessitent une hospitalisation puissent aller à l'hôpital. La décision d'hospitaliser se base sur les critères de sévérité de la maladie, en concertation avec les patients. Quand les personnes doivent être hospitalisées, elles le sont et le resteront.

8) Lorsqu'il y a plus de 10 personnes contaminées dans les maisons de repos, on parle de "cluster". Comment les définir dans ces espaces particuliers ?

Une personne dans une maison de repos qui nécessite d'être hospitalisée le sera et bénéficiera d'un test diagnostique. Jusque-là, peu de personnes recevaient un test diagnostique, elles étaient donc considérées comme "cas suspect". Pour définir un cluster, on prend en compte les cas confirmés et les cas suspects. C'est ce qui nous permet d'alerter sur une situation dans une maison de repos.

9) En combien de temps les patients infectés en soins intensifs récupèrent-ils?

Les personnes qui doivent rester en soins intensifs et qui bénéficient d'une assistance pour respirer, quand elles sortent, doivent passer par une phase d'hospitalisation classique mais aussi par une phase de convalescence. Être aux soins intensifs, c'est très pénible pour le corps. Donc ça nécessite une période de convalescence qui peut prendre plusieurs semaines.

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