Les financements ont en effet été interrompus depuis début décembre, déplorent dans un communiqué commun Santhea et Unessa. Une situation "inacceptable" alors qu'il était prévu de "structuraliser" ce dispositif, regrettent les deux fédérations hospitalières francophones, qui demandent précisément à pérenniser cette hospitalisation à domicile. 

Les douze projets-pilotes avaient été lancés il y a quatre ans par Maggie De Block, ministre de la Santé publique à l'époque, dans le cadre de la réforme globale du paysage hospitalier. Ils portaient sur l'antibiothérapie, les traitements anti-cancer et d'autres types de soins. Lors de cette phase test, 1.300 patients et 35 hôpitaux ont été impliqués. Une très large coopération s'est en outre développée avec les services de soins infirmiers à domicile, les médecins généralistes et les pharmaciens, relèvent Santhea et Unessa.

La phase test devait initialement aboutir à une pérennisation de l'HAD en janvier dernier. Si les deux fédérations comprennent que les conditions sanitaires actuelles aient pu retarder sa "structuralisation", elles ne peuvent en revanche accepter son arrêt brutal, dans l'attente de futures dispositions, selon le dernier message reçu de la part du SPF Santé publique à ce sujet.

"Malgré les demandes répétées d'information des acteurs comme des fédérations du secteur adressées aux autorités compétentes, c'est le silence radio. Les 35 hôpitaux, les services de soins infirmiers, les médecins généralistes et les pharmaciens concernés sont tous dans l'incertitude", fustigent Unessa et Santhea.

Les soins aux patients en HAD entamés avant le 6 décembre dernier et devant se poursuivre en 2021 sont cependant assurés. Mais plus aucune nouvelle prise en charge n'est possible. Certains hôpitaux ont toutefois décidé de continuer sur fonds propres en attendant une solution, rapportent L'Avenir et la RTBF.

Les deux fédérations demandent dès lors au ministre de la Santé Frank Vandenbroucke et aux administrations concernées de soutenir la poursuite des hospitalisations à domicile et leur reprise rapide. Soit via une prolongation à durée déterminée - jusqu'à la "structuralisation" - des contrats des projets pilotes, soit en offrant la possibilité aux hôpitaux pilotes de facturer rétroactivement les forfaits journaliers qui seront prévus dans le cadre de l'HAD.

Interrogé par L'Avenir, le cabinet du ministre se voulait rassurant. "L'intention du ministre est d'offrir, dans un cadre défini, la possibilité d'hospitalisation à domicile pour les traitements antibiotiques et oncologiques à tous les patients pouvant en bénéficier et ce, via tous les hôpitaux du pays. Sur la base des projets pilotes, le SPF, avec l'Inami et l'AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, NDLR), travaille à la mise en place de nouvelles modalités d'organisation et de financement permettant l'élargissement de ce mode de prise en charge. Les travaux en vue d'une pérennisation de cette modalité de prise en charge progressent bien."