Le ministre de la Défense, Philippe Goffin, a posé lundi après-midi symboliquement la première pierre d'un nouveau hangar - le plus grand jamais érigé par la Défense - et destiné à abriter pour leur entretien trois avions de transport Airbus A400M Atlas des armées belges et luxembourgeoise sur l'aéroport militaire de Melsbroek, contigu à l'aéroport civil de Zaventem. Cette installation, qui marque la première étape d'un renouvellement complet de l'infrastructure, largement ancienne abritant le 15e wing de transport aérien, devrait être terminée à l'été 2021, en dépit d'un retard pris au début des travaux en raison de la pandémie de coronavirus, ont indiqué tant M. Goffin (MR) que des responsables militaires.

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Ce vaste hangar, d'une surface de 13.621 m2, sera le plus grand jamais érigé par la Défense, avec une toiture d'environ 185 mètres de long sur 75 de large - soit la superficie de deux terrains de football - avec une hauteur de 30 mètres. S'y ajoutent 7.700 m2 pour des bureaux, une zone logistique, des zones de stockage et des ateliers.

Sa construction pérennisera la présence des avions de transport militaires à Melsbroek "pour les décennies à venir", a souligné devant la presse le commandant du 15e wing, le colonel Frank Vandenbussche, avant la cérémonie de la pose de la première pierre.

Ce marché, d'une valeur de 134 millions d'euros sur 30 ans (dont 49,6 millions pour la construction), a été attribué en mai 2019 par la Défense à l'entreprise Democo de Hasselt (Limbourg) par le biais d'un partenariat public-privé (PPS).

Democo est responsable des aspects "design, build, finance & maintain" (DBFM) - c'est à dire, conception, construction, financement et entretien, ainsi que les mises à jour.

Ce hangar aura la particularité de n'avoir aucun pilier de soutien intermédiaire, a souligné le directeur général de Democo, Frederik Bijnens.

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Les travaux préparatoires à la construction ont débuté en février mais ont été mis en pause en raison du Covid-19 avant de reprendre au début de l'été.

M. Goffin, porteur d'un casque de chantier et d'un masque buccal, a posé la première pierre du complexe - en fait un élément en béton préfabriqué du futur hangar.

Il a indiqué qu'il avait, depuis son entrée en fonction, le 30 novembre dernier, déjà signé des contrats militaires pour près de 350 millions d'euros. "La Défense continuera à investir", a-t-il ajouté en soulignant qu'une partie de ces montants revenait à l'économie belge.

D'ici cinq ans, l'aéroport de Melbroek devrait subir un renouvellement complet de son infrastructure, avec la construction d'un autre nouveau bâtiment destiné à abriter un simulateur de vol A400M, d'une nouvelle aérogare pour les passagers et le fret, de nouveaux locaux pour le personnel du 15e wing, de parkings pour avions plus vastes et de voies de roulage adaptées au poids des nouveaux avions.

La Belgique a commandé en 2003 huit A400M, dont un pour le compte du Luxembourg. L'appareil luxembourgeois, qui s'intègrera au sein de la 20e escadrille, appelée à devenir une unité binationale, est attendu à Melsbroek "avant la mi-octobre", selon l'état actuel de la planification - mais avec des mois de retard sur le calendrier initial. Le premier avion belge devrait suivre quelques semaines plus tard, "en tout cas bien avant la fin de l'année", selon des responsables militaires.

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Dans l'attente de la fin de la construction du nouveau hangar, l'entretien des avions se fera dans un hangar Herpain, datant de 1952 et capable de n'accueillir que la partie avant d'un A400M.

Les militaires estiment que les A400M neufs ne nécessiteront que peu de maintenance au cours des premiers mois de service. Ces appareils devraient être pleinement opérationnels vers la mi-2024, après le retrait prévu du dernier C-130 Hercules, au 31 décembre 2021.

Quatre de ces appareils presque cinquantenaires ont déjà quitté le service et sept restent en service, avec un retrait progressif prévu dans les seize prochains mois.