Henk van Ess est un spécialiste des réseaux sociaux. Il analyse les contenus qui y circulent et en tire des analyses. Récemment, il s'est intéressé aux groupes de soutien à Jürgen Conings, ce militaire toujours en fuite, considéré comme dangereux par les autorités belges.

Si le groupe de soutien le plus important, " Alles 1 achter Jürgen" (ndlr: "comme un seul homme derrière Jürgen"), a depuis été supprimé par Facebook , l'ancien conférencier à la Vrije Universiteit Amsterdam a analysé l'impact que celui-ci a pu avoir sur d'autres groupes qui ont partagé ses idées.

Selon l'homme qui a écrit à plusieurs reprises sur l'ingérence russe, divers groupes ont partagé les contenus venant d'"Alles 1 achter Jürgen". Mais ceux qui brassaient la plus grande communauté étaient russes. Le premier contenait 186.835 membres, le second 27.541 membres et le troisième, originaire d'Ukraine, comptait 23.000 personnes.

En Russie, Jürgen Conings est à présent vu par certains comme un "Robin des bois". Sur ces groupes, il est dépeint comme "un soldat belge qui a déserté avec la promesse d'assassiner les traîtres et les tyrans". Sa lettre d'adieu a même été traduite en russe.

"Cela montre que les Russes surveillent ce qu'il se passe en Belgique, qu'ils fréquentent les sphères de droite et qu'ils sont connectés entre eux. Sinon le message ne se serait pas propagé aussi vite", explique Henk van Ess à Het Laatste Nieuws. Précisons toutefois que ces posts sur Jürgen Conings n'ont généré aucune interaction (partages, like, commentaires) ou presque parmi les groupes russes présents sur Facebook.

Malgré la suppression, le contenu circule toujours

Mais, comme Henk van Ess l'explique, d'autres groupes ont également relayé les messages d'"Alles 1 acheter Jürgen". Notamment des groupes néerlandais et des groupes anti-vaccins et anti-gouvernement. La Belgique n'est pas non plus en reste, étant donné que des groupes flamands ont partagé les publications du groupe de soutien supprimé. Ces derniers ont d'ailleurs généré plus d'interactions que les groupes russes, même si le nombre de personnes touchées est bien plus petit.

Rappelons que la suppression d'un groupe sur Facebook entraîne généralement la création de plusieurs autres avec le même contenu. Si certains ont préféré déserter Facebook pour partager leurs idées sur la messagerie Telegram, d'autres y restent bel et bien. "C'est très inquiétant", conclut l'homme, qui invite tout un chacun à signaler les groupes problématiques afin de pousser Facebook à les supprimer au plus vite.