Yves Van Laethem a débuté sa prise de parole en rappelant le taux d'infection actuel qui est toujours sur un plateau, avec une augmentation en Flandre. Le nombre de patients hospitalisés continue à diminuer mais nous nous dirigeons clairement vers une stagnation. La semaine dernière nous avons comptabilisé 185 nouvelles hospitalisations contre 189 la semaine précédente. Actuellement, 2.832 patients sont hospitalisés dont 817 en soins intensifs. En moyenne, nous déplorons quotidiennement 90 décès liés au Covid-19.

Actuellement, nous recensons 2.231 nouveaux cas par jour, soit une augmentation de 3%, en raison d'une augmentation de 8% en Flandre. Ailleurs, on est encore sur une diminution des cas même si elle a tendance à être moins importante que lors des semaines précédentes (-13% à Bruxelles et -2% en Wallonie).


L'augmentation est plus prononcée dans les provinces de la Flandre occidentale et de la Flandre orientale avec une hausse de plus de 10%. On constate également une légère augmentation dans le Hainaut (3%) et à Namur (2%). Mais dans le reste du pays la tendance est à la baisse, moins 16% dans le Luxembourg et moins 7% à Liège.

On constate également une légère diminution chez les adolescents et les plus de 90 ans, alors que la tendance est à la hausse dans les autres tranches d'âges. Avec une augmentation notamment de 21% chez les moins de 10 ans, mais cela ne représente que moins de 5% des chiffres au total. Ce sont les 20, 30 et 50 ans qui représentent la majorité des nouvelles contaminations, avec une hausse respective de 14%. "On a au niveau pronvincial une image très panachée, avec des tranches d'âges les plus touchées différentes selon le provinces, détaille Yves Van Laethem. Il n'est pas toujours extrêmement clair pourquoi ceci a lieu." 

Vers la vaccination

En janvier, nous entamerons l'année de la vaccination contre le coronavirus. Cela peut générer des questions, notamment en ce qui concerne la sécurité du produit et les potentiels effets secondaires. "Un vaccin est un médicament, c'est donc une substance soumise à une analyse intensive indépendante des firmes pharmaceutiques. Aucune instance de santé n'a voulu prendre le moindre risque concernant l'évaluation de ce vaccin. Ce virus a été découvert début janvier, et nous avons obtenu très vite son code génétique pour pouvoir construire les armes nécessaires pour lutter contre ce dernier. Ce code a été rendu public pour que les laboratoires partout à travers le monde puissent débuter leurs recherches", affirme Yves Van Laethem.

Ces recherches se sont faites en étroite collaboration entre l'industrie et les autorités avec des instances indépendantes et des investissements très importants, rappelle l'expert. La Belgique est connue dans le domaine de la vaccination et a participé activement à ces analyses qui garantissent la sûreté du produit. De cette manière, les phases de validation ont pu se succéder et nous avons gagné beaucoup de temps par rapport à une procédure plus classique.


Si certains s'inquiètent des potentiels effets secondaires, Yves Van Laethem rappelle qu'il y a une différence entre les effets légers qui sont normaux, comme des rougeurs ou une petite gêne localisée temporaire, et les effets sévères. En ce qui concerne le effets secondaires sévères, il y a trois considérations à prendre. Tout d'abord, en revoyant la littérature scientifique, les autorités américaines ont pu prouver que la majorité des effets secondaires surviennent dans les 6 semaines qui ont suivi l'injection du produit. Ainsi, toutes les autorités d'enregistrement ont demandé à recevoir uniquement les dossiers des personnes ayant été vaccinées depuis au moins deux mois. Par ailleurs, le nombre de participants à ces études est extrêmement important, on parle de milliers de personnes et cela donne donc une plus grande sécurité quant à l'apparition de potentiels effets secondaires. Enfin, un gigantesque système de sécurité a été mis en place afin d'assurer un suivi adéquat. "Rappelons tout de même que tout médicament peut provoquer des effets secondaires très rares qui ne vont toucher qu'une infime partie des patients. Ce type d'effet n'a que très peu de chance d'être observé lors des études", explique Yves Van Laethem.

L'expert insiste sur l'importance de la transparence en ce qui concerne le vaccin pour que la population comprenne pourquoi il est essentiel d'adhérer au processus. C'est de cette manière que nous pourrons nous aider les uns les autres et éradiquer le virus. "Dans un premier temps c'est votre médecin traitant et votre pharmacien qui devront répondre à vos interrogations", explique-t-il. Pour conclure, il insiste sur le fait qu'il faudrait que l'année 2021 soit l'année des 3 V: celle de la Victoire sur le Virus grâce à la Vaccination.


Des chiffres qui interpellent

Antoine Iseux, le porte-parole du centre de crise, explique ensuite que nous pouvons voir les choses sous plusieurs angles. Il y a d'abord du positif dans le fait que nous ayons réussi à diminuer les courbes en très peu de temps. Cela est le résultat de notre comportement et de nos efforts, à savoir le respect des consignes gouvernementales et des règles sanitaires. Mais ce nombre reste trop élevé: "Nous devons réussir à faire baisser ce plateau et pour y arriver nous devons continuer nos efforts, persévérons", a-t-il déclaré.

D'ici quelques jours, de nombreux Belges vont se rendre à la Côte ou dans les Ardennes pour profiter des vacances. "Peu importe notre lieu de résidence, les règles sanitaires restent les mêmes. Cela implique donc de ne pas loger à plusieurs familles et à ne pas inviter des amis dans ces secondes résidences". Pour conclure, Antoine Iseux a tenu à souligner que respecter les règles est notre arme à tous pour envisager de la manière la plus paisible possible l'année 2021.