Comme depuis de nombreux jours, les indicateurs de l'évolution de coronavirus dans notre pays sont tous à la baisse. Le nombre de patients hospitalisés pour le Covid-19 est même repassé sous la barre des 4.000. 204,3 admissions à l'hôpital ont encore été comptabilisées en moyenne chaque jour entre le 25 novembre et le 1er décembre, mais si les indicateurs continuent de diminuer, "on devrait atteindre les 75 nouvelles hospitalisations par jour d'ici les fêtes de fin d'année", a annoncé hier Yves Van Laethem.

Avec ses collègues, il a refait le point ce mercredi en conférence de presse. "Si nous continuons au rythme actuel, nous arriverons à 800 nouveaux cas par jour à Noël", a directement annoncé Yves Van Laethem. Les contacts familiaux ou amicaux sont ceux qui ont le plus d'impacts sur l'évolution du coronavirus, a expliqué l'expert, comptant sur tous les Belges pour faire attention à leur comportement dans les semaines à venir: "Ce que vous ferez maintenant et à l'époque des fêtes va être déterminant quant au risque de résurgence du virus fin d'année ou plus malheureusement, au début de l'année prochaine. Il faut continuer à faire attention".

Les nouvelles contaminations diminuent de moitié actuellement tous les 14 jours, ce qui représente un ralentissement de la diminution des infections. "Il peut être dû à l'élargissement de la stratégie de testing", a déclaré Yves Van Laethem, qui note que chez les enfants de moins de 10 ans, il y a une augmentation des contaminations de 4 à 5%. Mais "il faut relativiser ces chiffres, car en nombre absolu, ces cas sont faibles. Depuis le 23 novembre, on a 385 infections dans ce groupe d'âge, sur un total de plus de 15.606 infections, donc 2,5% des cas". "Ceci doit être suivi, mais ne pas susciter d'inquiétude", a rassuré l'expert.

Le Hainaut et Liège ne sont plus les provinces les plus touchées

Les régions les plus touchées par le coronavirus ont changé, ce ne sont plus le Hainaut et la province de Liège qui sont "en tête", mais bien la Flandre orientale (332 nouveaux cas par jour) et Anvers. Le point central de l'épidémie s'est donc déplacé vers la Flandre. Mais les chiffres des nouvelles contaminations baissent tout de même partout, tout comme les admissions à l'hôpital. Donc "il y a une diminution des hospitalisations actuellement tous les 15 jours", a décrypté M. Van Laethem. En Wallonie, elles ont diminué de 35%, à Bruxelles de 29% et en Flandre de 22% , soit ici un peu moins que la diminution à l'échelle du pays, qui est de 28% sur les sept derniers jours. 3.707 personnes sont prises en charge à l'hôpital, dont 854 en soins intensifs. Ce nombre a diminué de moitié depuis le 3 novembre. Au niveau des décès, il y a maintenant 123 décès par jour. "C'est une baisse continue, de 26% ces derniers jours".


Antoine Iseux a ensuite pris la parole pour aborder la réouverture des commerces non-essentiels, qui a eu lieu "sans problème notable" hier (mardi). "Mais le véritable test aura lieu samedi", a-t-il néanmoins rappelé, demandant à tous de privilégier les heures creuses pour se rendre dans les magasins, et de faire demi-tour si ceux-ci sont déjà trop fréquentés. Il a tenu à repasser en revue les mesures de sécurité sanitaire nécessaires pour permettre l'ouverture de ces commerces, ainsi que les prestations de services. "Ces mesures sont très difficiles, surtout pour les prestataires de service ne pouvant pas encore exercer leurs activités (coiffeurs, esthéticiennes, etc)", a concédé Antoine Iseux, "On aspire tous à une levée des ces mesures, mais elles restent nécessaires en ce moment pour prendre soin de notre santé, de celle des plus fragiles".

Une analyse des eaux usées pour affiner la stratégie de testing

Yves Van Laethem en est ensuite venu au sujet du jour: une nouvelle technique du suivi de l'infection au Covid-19 dans la population. "Depuis la mi-septembre, on a un système de surveillance de la circulation du virus au niveau des eaux usées", a détaillé l'infectiologue, "Le but est d'avoir une idée de la circulation du virus en général par cette voie, sans impliquer un testing de la population elle-même". Deux fois par semaine, 42 prélèvements d'eaux usées sont donc effectués à l'entrée des stations d'épuration. Ce projet va durer deux ans.


"Le virus est non seulement présent dans nos voies respiratoires, mais aussi dans le tube digestif. C'est pour ça que l'on vous a dit, et certains l'ont pris avec le sourire, qu'il valait mieux baisser la planche du WC avant de tirer la chasse", a précisé Yves Van Laethem. Le virus présent dans le tube digestif passe par les eaux usées, d'où l'intérêt de l'analyse de ces dernières. "En analysant cela, on peut avoir une idée globale ou régionale, et parfois sur des zones plus petites que ça, de la circulation du virus dans la population [...] Si on se rend compte que le taux de virus dans les eaux usées augmente, cela peut être un premier signal pour dire qu'il se passe quelque chose dans une région, une ville, un village et qu'il faut investiguer plus attentivement".


Cette technique doit encore être précisée et corrigée mais elle donne déjà de bonnes indications. Les courbes réalisées suite aux premiers prélèvements collent d'ailleurs à celles des contaminations dans chaque région.

Mais ne devrions-nous pas tester plus ?

La stratégie de testing a évolué depuis plusieurs semaines (on teste de nouveau les personnes asymptomatiques), et on tourne actuellement à hauteur de 30 à 40.000 tests. Mais auparavant, il avait été dit qu'on atteindrait les 90.000 tests, a fait remarquer un journaliste présent durant la conférence de presse. "Il faut faire une différence entre la capacité de testing et la nécessité de testing. Le nombre de tests effectués va dépendre de la circulation du virus dans la population, et cette circulation est heureusement en train de diminuer", a répondu Yves Van Laethem. Par exemple, en octobre, il y avait +/- 20.000 cas par jour, et "si on se base sur le fait que chaque personne a trois contacts proches à haut risque, ça donne 3x20.000, plus les 20.000 cas réellement détectés, on arrive 80.000 tests, effectivement. Et ils étaient à ce moment-là effectués", a expliqué l'expert. Il y a donc inévitablement des fluctuations dans la quantité de tests réalisés.


Mais il a également précisé que la capacité de testing était primordiale en ce moment, car on entre dans la période des virus respiratoires. D'ailleurs, il y a déjà actuellement moins de cas de ces virus cette année étant donné que la population prend ses distances, porte un masque, etc. "On ne sait pas si la grippe va être réellement présente et importante cette année, et il faudra différencier la grippe du Covid et là, on aura besoin d'une capacité de testing importante". "Le principal, c'est d'avoir les armes nécessaires pour lutter contre les virus. Et à ce stade, nous n'avons pas besoin de les utiliser toutes", a résumé Yves Van Laethem.