Le nombre d'infections au coronavirus semble repartir à la hausse dans notre pays, avec 2.119,7 nouveaux cas quotidiens entre le 16 et le 22 janvier. Cela représente une hausse de +5% par rapport à la période précédente. Même chose pour les hospitalisations, qui ont augmenté de 17%. Les chiffres des décès par contre fluctuent autour du même nombre en ce moment, mais une baisse est observée dans les maisons de repos.



La plus grande hausse de contaminations a été constatée dans la province de Limbourg, avec une augmentation (qui dure depuis 16 jours) de 25%, et seules la région de Bruxelles-Capitale et la province de Luxembourg observent une baisse des nouveaux cas. Cependant, selon Yves Van Leathem, il faut relativiser les chiffres de la capitale, car on les compare à une période correspondant aux retours de l'étranger de beaucoup de personnes, et donc à une période dense en tests (et tests positifs). 

Les enfants de plus en plus touchés

La plupart des nouvelles infections touchent surtout les enfants et les adolescents, ont constaté les experts du Centre de crise. Cette première catégorie subit une augmentation de 84%, et le groupe des adolescents, une hausse de 18%. "Ceci est important, mais il faut tenir compte aussi du fait que nous avons une stratégie de testing large, mise en place sur les clusters dans les écoles". Actuellement, une contamination sur cinq est constatée chez les enfants ou chez les adolescents. 


"Depuis le début du mois de janvier, nous constatons de plus en plus de contaminations au variant britannique notamment", a poursuivi l'expert. "Il est clair que le virus fait de nouveau pression sur nous depuis quelques temps". Selon lui, cela s'explique par plusieurs facteurs: une augmentation des contacts rapprochés, une plus grande mobilité, l'effet saisonnier qui persiste et une contagiosité plus élevée liée aux nouveaux variants. "Nous pouvons contrer ceci par les mesures que nous connaissons bien, la limitation des contacts, le télétravail et le testing par exemple", a rappelé le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid.

Revenant sur la mobilité, Yves Van Laethem a précisé qu'elle était inférieure de 12% à ce que l'on observe en temps normal, ce qui est comparable à ce que nous avons observé entre les vacances de Toussaint et de Noël. "Ce chiffre est stable en Flandre, mais s'altère en Wallonie et à Bruxelles. Globalement, on a une tendance à la hausse dans notre mobilité depuis le 20 janvier", a détaillé l'expert. Cela est dû au fait que les Belges (les Wallons et les Bruxellois principalement) se déplacent plus pour le travail.

Testing et tracing

Karine Moykens, présidente du Comité interfédéral Testing & Tracing, a ensuite pris la parole. "Nous ne sommes pas encore dans la phase où nous pouvons lâcher du lest, nous devons continuer à lutter ensemble. Et également identifier encore plus rapidement les personnes contaminées, qui infecteront d'autres personnes à leur tour", a-t-elle commencé. Avec l'apparition des nouveaux variants, le gouvernement a adapté sa stratégie de dépistage. Les conditions sont maintenant réunies pour réaliser davantage de tests. "90% des laboratoires sont capables de donner le résultat d'un test dans les 36 heures", a précisé Karine Moykens, avant d'expliquer que le tracing fonctionnait bien dans notre pays. "Mais il faut aussi contacter votre médecin dès les moindres symptômes", a-t-elle martelé, car actuellement, en moyenne, il s'écoule deux jours entre l'apparition des premiers symptômes et la prise de contact avec le médecin traitant. Et cela représente "une perte de temps précieuse" dans la recherche des contacts à haut risque. 

Depuis le 2 janvier, les voyageurs sont testés systématiquement à leur arrivée dans notre pays, et une deuxième fois après sept jours, et c'est aussi le cas pour les personnes ayant eu un contact à haut risque avec une personne positive au Covid. "Dans tous les cas, si vous revenez de voyage ou êtes contact à haut risque, vous resterez en quarantaine si votre premier test est négatif. S'il est positif, vous serez en isolement pendant dix jours, car c'est la période durant laquelle le virus peut être transmis", a reprécisé présidente du Comité interfédéral Testing & Tracing. La durée de la quarantaine a été allongée récemment, car un isolement de sept jours était un peu court dans certains cas. "C'est uniquement le deuxième test, réalisé au jour 7 de la quarantaine, qui vous donnera la certitude qu'il n'y a plus de risque de contamination. S'il est négatif, la quarantaine peut donc être interrompue une fois les résultats reçus". Si une infection au coronavirus est détectée dans une famille, tous les membres de la famille doivent se mettre en quarantaine (enfants comme parents). 

Karine Moykens s'est ensuite attardée sur les variants du coronavirus: "Le nouveau variant B117, présente une contagion accrue dans toutes les tranches d'âge, y compris, mais pas exclusivement, chez les enfants. Jusqu'à maintenant, les enfants de l'école primaire étaient considérés comme des contacts à faible risque. Mais en raison de cette contagiosité accrue, les enfants qui auront été assis en classe à côté d'une personne contaminée seront aussi considérés comme contacts à haut risque". 

Un retour à la normale après la vaccination des personnes à risque ?

Pour en venir à la vaccination, Yves Van Laethem a repris la parole: "Lorsque tous les résidents des maisons de repos, du moins ceux qui le désirent (80% d'entre eux +/-), auront reçu leur deuxième dose de vaccin, vers le mi-février, nous auront protégé au moins une population fragile qui a payé de sa vie, de manière démesurée, le prix de cette pandémie". Si le vaccin s'avère aussi efficace que prévu, le nombre de décès global devrait diminuer. Mais ces personnes âgées ne représentent qu'un cinquième des hospitalisations, et malgré la vaccination, il restera encore un grand nombre de personnes infectables. Et dans ce groupe, il y a beaucoup de gens qui sont aussi à risque. "Ce n'est donc qu'après la vaccination des plus de 65 ans notamment que l'on pourra voir un premier impact sur les hospitalisations [...] Et ce n'est qu'à ce moment-là que les nouvelles infections pourront être un facteur moins important, si la population cible est bien protégée, mais pour cela il faudra attendre avril ou mai", s'est avancé Yves Van Laethem.