Ce vendredi soir, le plan urgence a été lancé sur l’ensemble des hôpitaux belges a appris La Libre.

Ce plan exceptionnel sera appliqué dès ce samedi matin. Par conséquent, dans tous les hôpitaux de Belgique, toutes les consultations et opérations programmées jusqu’au 3 avril sont suspendues. L’objectif est de permettre aux hôpitaux et soignants de se consacrer presque exclusivement aux patients infectés par le coronavirus et aux urgences hospitalières.

Concrètement, dès ce 14 mars, tous les hôpitaux généraux et universitaires, psychiatriques et de réadaptation doivent activer la phase d’action de leur plan d'urgence hospitalier.

Tous les hôpitaux généraux et universitaires, les hôpitaux de réadaptation ainsi que les cliniques privées doivent annuler toutes les consultations, examens et interventions électives.

Une attention particulière doit être accordée aux interventions qui ont un impact sur la capacité de l'hôpital en matière de soins intensifs.

Toutes les consultations, examens et interventions urgentes et nécessaires peuvent continuer à être mis en œuvre. En outre, toutes les thérapies nécessaires à la vie courante (par exemple, chimiothérapie, dialyse, etc.) ou la rééducation quotidienne nécessaire seront poursuivies.

Toutes les visites dans les hôpitaux généraux et universitaires, psychiatriques et de réadaptation seront interdites, à l'exception des groupes suivants :

- Volontaires et stagiaires : un système d'enregistrement doit être prévu;

- Un ou deux parents (ou assimilés) de nouveaux-nés et d'enfants de moins de 18 ans hospitalisés;

- Les parents proches de personnes en phase critique ou finale de leur vie;

- Accompagnement pour les consultations ou examens nécessaires par 1 personne (de confiance) au maximum.

Le médecin traitant applique ces critères dans le cadre d'une politique et d'une supervision assurées par le médecin-chef de l'hôpital.

"En ce moment, nos hôpitaux et le personnel soignant sont parfaitement en mesure d’affronter la propagation du coronavirus, a fait savoir vendredi soir, la ministre de la Santé, Maggie De Block. Il s’agit d’une mesure de précaution : nous anticipons une possible augmentation du nombre de cas d’infection par le coronavirus pour ne pas nous retrouver en difficultés, le moment venu." Il s'agit d'anticiper maintenant pour éviter les problèmes plus tard, a fait savoir le cabinet par voie de communiqué.

Des mesures déjà prises par certains hôpitaux

Plus tôt, dans la journée, La Libre avait fait le tour de quelques hôpitaux afin de prendre connaissance des plans d’action suite aux mesures annoncées la veille. Plusieurs d’entre eux nous avaient déjà manifesté leur intention de postposer les interventions non urgentes et limiter les visites. Ils nous ont aussi détaillé d’autres initiatives.

Au CHU Saint Pierre à Bruxelles, centre de référence pour le coronavirus, Bruxelles, “Au niveau des urgences, nous avons mis en place un circuit tout à fait spécifique et séparé pour prendre en charge les patients qui ont des plaintes respiratoires ”, nous a expliqué Philippe Leroy, directeur général. “Pour cela, nous avons aussi renforcé les ressources humaines, médecins et infirmiers qui travaillent aux urgences.” Si, au niveau des consultations, il était alors encore question de les maintenir “ afin de garder une continuité des soins et du service à la population ”, déjà le CHU Saint-Pierre avait décidé de ne maintenir au programme opératoire que les opérations urgentes et reporter toutes les interventions chirurgicales non urgentes.

Ceci pour nous permettre de libérer des lits , nous expliquait Philippe Leroy. Nous nous préparons aussi, bien sûr, à une montée en puissance si c’était nécessaire. Nous avons un plan pour convertir de plus en plus d’unités de soins en unités spécifiques destinées à prendre en charge le coronavirus. Nous sommes en train de former le personnel et avons demandé au personnel soignant d’annuler leurs congés qui auraient été pris à Pâques pour rester disponible. Ce qu’ils ont tous accepté de faire avec un esprit de service remarquable. Et parce qu’il vaut toujours mieux anticiper et se préparer, nous sommes aussi en train, à toutes fins utiles, de recontacter du personnel médical ou soignant qui a été pensionné ces dernières années. Nous avons dressé des listes au cas où, un jour, nous aurions besoin de bras supplémentaires”.

Pour l’instant l’hôpital Saint-Pierre a dix lits occupés par des patients atteints du coronavirus et une vingtaine d’autres lits, actuellement libres, mais prêts à accueillir des patients. “Et nous pourrions en libérer beaucoup plus si nécessaire”, ajoute encore Philippe Leroy.

À l’hôpital Erasme, le même plan de combat  nous était annoncé : on assure la continuité des soins et la prise en charge des situations complexes ou urgentes et l’on reporte les interventions chirurgicales et les actes techniques qui ne sont pas urgents ou indispensables. On a également mis en place un système de consultation à distance et l’on encourage le télétravail quand la situation le permet. Pour protéger les patients hospitalisés, on a suspendu les visites et mis en place une conciergerie pour que les familles puissent amener des effets personnels.