Hausse des nouvelles contaminations, hôpitaux surchargés, augmentation des décès... Ces derniers jours, la Belgique connaît un véritable rebond de l'épidémie de Covid-19 sur son territoire. Le terme de "troisième vague" a d'ailleurs déjà été évoqué par plusieurs experts. Face à cette situation inquiétante, de plus en plus de voix s'élèvent pour demander de nouvelles mesures, voire la mise en place d'un nouveau confinement généralisé.

Marc Van Ranst avait été le premier à évoquer l'idée d'un nouveau lockdown, ce week-end. L'expert, qui a jugé "insuffisantes" les mesures décidées vendredi par le Comité de concertation, est en faveur d'un confinement strict, mais court, à l'image de celui imposé lors de la première vague au printemps 2020.

"Un besoin d'agir à court terme"

Depuis lors, d'autres experts ont également plaidé en ce sens. Ce mardi matin, le microbiologiste Emmanuel André a réclamé des mesures plus strictes. 'Il y a un besoin d'agir à court terme", a-t-il déclaré sur les ondes de La Première. "Il faut prendre des mesures claires et respecter ce qui avait été décidé. Chaque jour qui passe est un jour où l’épidémie prend le dessus".

Un avis partagé par Marc Noppen, directeur de l'UZ Brussels. "Je suis favorable à un ensemble de mesures plus strictes", a-t-il déclaré dans les colonnes de Het Laatste Nieuws ce mardi. Selon l'expert, le seuil des 800 infections et 75 hospitalisations par jour doit être remis au premier plan et ne doit pas être dépassé si l'on veut espérer que la situation s'améliore. "En attendant, gardons tout fermé jusqu'à ce que nous y arrivions effectivement".

"Le verre commence à déborder"

Pour Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint Pierre, "il est bien trop tard pour faire autre chose que le reconfinement". L'experte alerte quant à la situation critique dans les hôpitaux: "On est clairement dans des signaux de troisième vague. Il y a deux-trois semaines, on avait parlé d'un verre qui se remplissait tout doucement. Et là malheureusement, le verre commence à déborder", a-t-elle mis en garde sur La Première. "On a l'impression d'avoir déjà prévenu il y a quelques semaines que les chiffres allaient augmenter, et de ne pas avoir été fort entendu", a-t-elle également déploré.

Yves Van Laethem juge quant à lui que fermer les écoles une semaine avant Pâques pourrait être une solution, ce qui permettrait un "ralentissement" de la société durant trois semaines. "Ce serait un dernier coup de rein. Car actuellement, même si les chiffres ne sont pas encore dans une phase exponentielle, l’escalier n’arrête pas de monter", a-t-il déclaré dans nos colonnes ce lundi. Une proposition qu'il a réitérée ce mardi sur les ondes de Bel RTL: "On pourrait envisager cette mise au frigo sur une période de trois semaines, ce qui est tout à fait conséquent. Cela permettrait d'avoir une nette diminution du nombre de cas", a-t-il estimé. "On a de toute façon deux semaines de fermeture des écoles qui sont déjà prévues, à un moment où les gens ne vont pas beaucoup travailler, où ils vont prendre congé".


Un reconfinement régionalisé?

Le professeur de microbiologie Herman Goossens plaide lui davantage pour un reconfinement régionalisé: "Un certain nombre de régions du pays s'en sortent mieux ou assez bien. Un lockdown sévère et complet pour tout le pays serait démotivant", a-t-il confié à nos confrères de Het Laatste Nieuws, avant de tout de même reconnaître que la situation avait été une nouvelle fois "sous-estimée".

En conclusion, si les avis divergent quant à la nature des règles qui devraient être mises en place, la majorité des experts semble s'accorder sur la nécessité d'un tour de vis dans les plus brefs délais.