Le drone MQ-9B SkyGuardian est capable de tenir l'air durant une quarantaine d'heures et susceptible d'être armé de bombes et de missiles.

La Belgique compte en acquérir deux systèmes, soit quatre appareils et deux stations de contrôle au sol aux Etats-Unis via la procédure FMS ("Foreign Military Sales", couramment pratiquée par Washington pour ses ventes d'armes d'Etat à Etat). Le Pentagone a signifié la semaine dernière la commande de ces drones et d'équipements associés à leur constructeur, la société américaine General Atomics Aeronautical Systems Inc. (GA-ASI), un contrat de près de 190 millions de dollars, soit environ 159,5 millions d'euros.

"Les travaux (de construction) de ces appareils sans pilote seront réalisés à Poway, l'un des sièges de cette entreprise en Californie et devraient être terminés le 31 mars 2024", a précisé vendredi le département américain de la Défense dans un communiqué.

La Belgique a sélectionné en octobre 2018 le MQ-9B SkyGuardian comme futur drone Male. Deux systèmes, comprenant chacun deux appareils - potentiellement armés - doivent être commandés l'an prochain, pour un montant de 226 millions d'euros. Les livraisons sont attendues à partir de 2023 pour équiper la 80e escadrille - actuellement équipée de B-Hunter de conception israélienne vieillissants qui seront retirés du service le 1er septembre -, opérant depuis la base de Florennes, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Le SkyGuardian est le dernier membre de la prolyxe famille des MQ-9 née avec le Predator en service dans les armées américaine, britannique, française, italienne et prochainement espagnole, néerlandaise, australienne et belge.

D'une envergure de 24 mètres pour une longueur de 11,7 m, il est propulsé par un turbopropulseur Honeywell TPE331-10. Il est capable de réaliser des missions ISR ("Intelligence, Surveillance and Reconnaissance"), de détecter des objectifs éventuels ("Target acquisition") et de désigner des cibles pour d'autres vecteurs armés ("Target designation") en volant durant 40 heures à 40.000 pieds (plus de 13 kms d'altitude). Doté de neuf points d'emport, ce drone peut être armé de missiles et de bombes - une capacité largement utilisée par les Etats-Unis et la France dans leur guerre contre les groupes armés djihadistes en Afghanistan, au Moyen-Orient et en Afrique.

En Belgique, le fait d'armer les SkyGuardian pour aller au-delà de la mission ISR nécessitera à nouveau une "décision gouvernementale".

L'appareil atterrit et décolle en mode automatisé grâce à des liaisons satellitaires redondantes, évitant ainsi les décollages et atterrissages "manuels", responsables de 90 % des accidents des "Remotely Piloted Aircraft Systems" (RPAS) actuels, selon le major Jean-Marc Ruaux, un spécialiste en la matière.

Le MQ-9B est aussi le premier RPAS conçu, construit et reconnu selon des normes de certification strictes équivalentes à celles des avions pilotés, afin de faire voler cet RPAS militaire dans un espace aérien civil "non ségrégué", en s'intégrant parmi les avions de ligne.

L'arrivée des nouveaux drones va contraindre le ministère de la Défense à construire un nouveau complexe d'infrastructures dédié à Florennes pour un budget estimé à 23 millions d'euros. Ce projet comprend principalement la construction d'un bâtiment dédié aux phases de préparation et de conduite des missions ainsi que d'un nouveau hangar de maintenance pour deux appareils et d'ateliers attenants pour l'entretien de certains composants.

L'ensemble sera entouré d'une enceinte de sécurité et est distinct du complexe destiné à abriter les futurs avions de combat F-35.