Va-t-on être reconfiné? C'est la question que se posent de nombreux Belges depuis plusieurs jours. Si le comité de concertation qui s'est tenu ce vendredi 23 octobre a éloigné pendant quelques heures le spectre d'un nouveau lockdown, les annonces de la Wallonie qui ont suivi en début de soirée ont pourtant bien vite rappelé son existence à nos concitoyens. Parlant de "reconfinement partiel" , le ministre-président, Elio Di Rupo (PS), a décrété la mise en place d'un couvre-feu plus strict (de 22 heures à 6 heures) et la suspension des cours en présentiel dans le supérieur. Des mesures qu'a également suivies la Région bruxelloise , ce samedi, allant plus loin encore en fermant les lieux culturels. Mais Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte Covid-19, craint qu'il faille encore aller plus loin et envisager un reconfinement général. " Je pense qu’il faudra décider en fin de semaine si les chiffres ne bougent pas à ce moment-là (...) , a-t-il argué sur le plateau de la RTBF. Il faudra décider ce week-end."

Ce qu'il faut avant tout éviter, selon l'infectiologue, c'est la saturation des soins de santé. Comme il l'avait annoncé ce lundi 26 octobre au cours du traditionnel point presse du Centre de crise et du SPF santé publique , la Belgique pourrait atteindre ce point de non-retour dans une quinzaine de jours. C'est pourquoi il a insisté sur la nécessité de respecter les mesures en vigueur et de pouvoir envisager d'aller plus loin si la situation ne change pas.

   

"Il faut trouver au plus vite des solutions"   

S'il a estimé que le lockdown peut encore être évité, cela semble devenir de plus en plus compliqué. " On peut encore s’en sortir sans confinement mais si pour la fin de la semaine on n’a pas de signes de frémissement au niveau des hospitalisations, ce sera peut-être la dernière limite" , a conclu M. Van Laethem.

De son côté, Yves Coppieters a estimé que l'enjeu de la semaine n'était pas un possible reconfinement. " L'enjeu de la semaine n'est pas de nouvelles mesures pour la population mais trouver au plus vite des solutions pour augmenter la capacité de prendre en charge les malades les plus graves : transferts vers des hôpitaux étrangers, hospitalisations à domicile, hôpital de campagne ", a écrit l'épidémiologiste et professeur de santé publique (ULB) sur Twitter.