Plusieurs scientifiques ont remis un rapport "alarmant" au gouvernement sur la situation épidémiologique en Belgique. Selon leurs projections, d'ici un mois, le variant britannique, plus contagieux, sera dominant dans notre pays et sera alors responsable de 90% des nouvelles infections.

"Le variant britannique est plus contagieux et se répand donc plus facilement que les autres souches du virus", a expliqué Emmanuel André, l'un des auteurs de l'étude, sur La Première. "Petit à petit, ce variant va remplacer toutes les autres et devenir la souche principale."

Quels sont les risques?

Etant donné qu'un variant plus contagieux deviendra le "nouveau virus" qui circulera en Belgique, le risque est bien évidemment que les contaminations repartent à la hausse. "Je pense que la troisième vague a déjà démarré. Et elle a le potentiel d'être très forte", a analysé Emmanuel André. Mais le virologue de la KUL ne se montre pas fataliste pour autant. "On a beaucoup d'armes pour mener une bataille contre le virus. Nous avons le pouvoir de rompre les chaines de transmission", estime-t-il.

Interrogé sur Bel RTL, Marius Gilbert ne dit pas autre chose. "Notre dispositif tient bon pour le moment, mais il faut garder l'oeil sur les indicateurs. S'il y a une reprise claire, il faudra être prêt à intervenir rapidement." Il n'est donc pas exclu que ce nouveau variant, rapporté chez nous après les vacances de Noël, entraîne un nouveau durcissement des mesures si la situation le nécessitait. "La principale menace est que les mesures ne soient plus suffisantes", résume Marius Gilbert. "Mais on n'en est pas là."

En arrivera-t-on à refermer les écoles?

Certaines écoles, comme le collège Saint-Michel d'Etterbeek, ont décidé de fermer temporairement certaines classes, en raison de foyers de contamination. "Ce variant britannique contamine davantage tout le monde, y compris les jeunes", tient à clarifier Emmanuel André. Il n'y a donc rien d'anormal dans les écoles. "La stratégie actuelle de tester plus et de réagir rapidement, en fermant certaines classes quand c'est nécessaire, reste la solution la plus ajustée à la gravité du phénomène", poursuit l'expert qui précise toutefois qu'il faudra pouvoir ajuster sa copie en cas d'évolution négative.

Si le rapport sur le variant britannique est alarmant, les experts interrogés ont tenu à relativiser. "Aujourd'hui nos capacités de testing sont plus agressives, et la vaccination avance bien", ont-ils rappelé. "Il faut que chacun fasse davantage attention à son niveau." Rester vigilant, sans paniquer donc.