La Belgique a détecté pour la première fois des cas de variant indien sur son territoire. Il s'agit, notamment, de 20 étudiants indiens en séjour en Belgique, affirment nos confères flamands du Nieuwsblad et de Het Laatste Nieuws.

Depuis début avril, deux groupes de jeunes Indiens suivent des cours de soins infirmiers à Alost et à Louvain, respectivement dans les écoles supérieures du Sint-Augustinusinstituut et du Sint-Franciscusinstituut (Stfran). Sur les 21 élèves en séjour à Alost, 11 ont été contaminés par le variant indien. A Louvain, ce sont 9 des 22 étudiants qui sont infectés.

Christoph D'Haese, bourgmestre d'Alost, et Mohamed Ridouani, bourgmestre de Louvain, ont confirmé la nouvelle à Belga cet après-midi.

Les 11 étudiants concernés basés à Alost sont en quarantaine depuis leur arrivée. "Ils ne se sont pas mélangés à la population. Cette quarantaine est bien entendu strictement surveillée par la police. Les étudiants ne sont en aucun cas autorisés à quitter leur domicile." La cellule de sécurité locale suit la situation de près.

Le bourgmestre Mohamed Ridouani confirme qu'à Louvain, 9 des 22 élèves ont été testés positifs au variant indien. "Comme à Alost, les étudiants sont en quarantaine stricte. La police locale surveille la situation et notre équipe de crise suit également les étudiants de près. Nous sommes aussi en contact avec l'Agence flamande de la santé."

Les étudiants sont arrivés à l'aéroport Charles de Gaulle à Paris le 12 avril et se sont ensuite rendus en Belgique en bus, a affirmé le virologue Marc Van Ranst à Radio 1. "Un super contaminateur les a infectés dans le bus puisque les premiers étudiants sont tombés malades cinq jours plus tard, le 17 avril", explique le virologue. "Ces étudiants ont été testés, le séquençage a été effectué et nous avons ensuite déterminé qu'il s'agissait bien du variant indien."

Une information également confirmée par le microbiologiste Emmanuel André. "Un super-spreading event a eu lieu durant le voyage vers la Belgique", a-t-il détaillé sur son compte Twitter ce jeudi.


Quatre cas supplémentaires

De plus, la RTBF annonçait plus tôt dans la journée que quatre cas supplémentaires avaient été découverts ce mercredi 21 avril, et ce, dans trois communes belges : à Schoten et Deurne, en Flandre, ainsi qu'à Saint-Josse-ten-Noode, à Bruxelles.

Ces patients infectés n'ont pas dû être transférés à l'hôpital et ne présentent que des symptômes modérés. Plus inquiétant toutefois, leur contamination au variant indien ne serait pas due à un déplacement à l'étranger: elle se serait produite en Belgique.

Ce variant B.1.617 est à l'heure actuelle principalement présent en Inde, où la situation épidémiologique est particulièrement inquiétante, mais également au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

"Double mutant"

Ce variant, surnommé le "double mutant", préoccupe les experts car il comporte plusieurs mutations, faisant dès lors craindre une efficacité réduite des vaccins dont l'on dispose actuellement. Il est également réputé pour être plus contagieux et pour se propager à une vitesse plus importante que d'autres souches. Toutefois, les experts ne peuvent pas encore affirmer qu’il soit plus dangereux ou létal que les variants britanniques, brésiliens ou sud-africains.