Le biostatisticien Niel Hens a notamment publié un modèle mathématique évaluant l'impact des futurs assouplissements. En se servant de données datant de septembre 2020, le professeur de l'Université d'Anvers en est venu à la conclusion que deux scénarios sont possibles . L'un, où l'on rouvre l'Horeca, où l'on élargit les contacts et où l'on autorise des événements publics en nombre limité dès le 7 mai. Dans ce premier cas, on serait face à une quatrième vague, pas aussi élevée que la deuxième, mais quand même... Dans l'autre hypothèse, celle où on prend toutes ces mesures deux semaines plus tard, on serait face à une "vague" beaucoup moins importante. "Il serait sage de faire preuve de patience", a donc résumé le biostatisticien, convaincu qu'il faut "donner toutes ses chances à la vaccination".

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"Plus on attend mieux c'est, mais..."

Pour Yves Van Laethem, il est évident, comme le montrent les deux scénarios, que "plus on attend, mieux c'est". "Si la population était parfaitement heureuse comme ça, on pourrait attendre plus longtemps avant de déconfiner. La vaccination aurait avancé et le retour du beau temps jouerait en notre faveur. Mais certains Belges sont à bout."

Egalement invité par La Libre à réagir, Yves Coppieters précise pour sa part que le premier modèle se base sur une bulle de cinq contacts rapprochés. Or, à aucun moment, cette bulle de contact n'a été évoquée pour le 8 mai. "Si ce modèle sert d'argument pour justifier qu'on attende avant de permettre des assouplissements à l'intérieur, je peux comprendre. Mais si ce modèle entraîne un questionnement sur la reprise des activités à l'extérieur, ce serait selon moi une erreur".

"Les activités à l'extérieur sont à moindres risques"

Même si Marc Van Ranst pense qu'il "serait courageux d'attendre que la barre des 500 lits en soins intensifs soit atteinte avant d'assouplir les mesures", les deux experts que nous avons interrogés sont convaincus que le plan plein air peut être lancé. "Comment a-t-il défini les 500 lits? Sur quoi se base-t-il? Pourquoi pas 400 ou 600? Il faut être prudent, tout le monde a compris le message", commente Yves Coppieters. "Mais les activités à l'extérieur, avec des protocoles adaptés, sont à moindres risques. Ce ne sont pas ces activités-là qui vont augmenter la reprise du virus". 

Un avis que partage totalement Yves Van Laethem. "A titre personnel, je pense que rouvrir les terrasses avec des protocoles adaptés est parfaitement possible. Même si la situation est difficile, ce sera une bouffée d'air pour les Belges. A force de ne rien rouvrir, la goutte d'eau va finir par faire déborder le vase. Il faut laisser aux gens des soupapes peu dangereuses."