"Oui, on savait (qu'il n'y avait plus de stock de masques) et les autorités savaient que les masques avaient été détruits alors que nous recevions déjà des signaux de médecins et d'hôpitaux qui nous disaient qu'ils n'ont pas de masques, que leurs fournisseurs habituels commencent à ne plus livrer. Et donc, tout le travail du Risk Management Group (RMG) de Sciensano a été de trouver ces masques alors que plus rien ne sortait de Chine. Cette absence de masques, c'est ce qui va influencer la suite des décisions", a-t-elle expliqué, justifiant notamment ainsi le choix de faire tester les premiers patients suspects à l'hôpital et non par des médecins généralistes.

"Mais fallait-il dès le 23 janvier (lors de la première réunion du RMG) se préparer à une pandémie?", s'est-elle interrogée. "On nous dit alors qu'il existe un risque. Mais nous avons déjà connu le virus H1N1, Ebola, ou encore le Sras. A chaque fois que nous avons une menace, le scénario pandémie n'est pas exclu, mais il n'est pas le plus probable. Qui aurait pris la décision dès le 30 janvier de mobiliser de l'argent public pour se préparer à une pandémie? "

Le premier mail reçu au sujet d'une pneumonie non-identifiée en Chine a été reçu par Sciensano le 30 décembre 2019, a-t-elle détaillé. Le 15 janvier, une signal "Rapid Signal Assessment" est introduit en interne. "C'est un signal pour attirer notre attention car il existe alors un premier cas importé." Sciensano a alors décidé de mettre à jour la procédure "coronavirus" pré-existante. "On prépare cela quand, le 21 janvier, nous recevons la confirmation qu'il existe une transmission de personne en personne. Un RAG est convoqué le 21 janvier avant une première réunion du RMG le 23 janvier. L'élément déclencheur des décisions sera le Nouvel An chinois le 25 janvier. Les rapports quotidiens ont, eux, été réalisés à partir du 18 janvier", a ajouté Mme Quoilin.

La représentante du RAG s'est par ailleurs indignée du débat du la manière dont les décès du Covid ont été comptabilisés. "C'est indécent. Il y a eu un pic de mortalité chez les plus de 65 ans. Approprions nous cette situation et décidons de ce que l'on en fait. Nous devons avoir un débat sur notre avenir. Nous sommes tous des personnes âgées en devenir."