Suite à l'arrêt du conseil d'État publié ce mardi et invalidant la mesure interdisant les célébrations religieuses publiques, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a rencontré ce mercredi les représentants des différents cultes.

Il a été convenu, sous réserve d'un accord de gouvernement ce jeudi et d'un comité de concertation ce vendredi, que les célébrations publiques pourront reprendre dès ce dimanche avec un maximum de 15 personnes dans les églises, mosquées, temples ou synagogues, pour autant qu'il puisse n'y avoir qu'une personne par 10 mètres carrés, précise le cabinet du ministre de la Justice. Cette règle sera la même pour tous les cultes et nécessitera le respect des différentes mesures sanitaires, dont le port du masque.

Les mosquées resteront fermées le vendredi

Philippe Markiewicz, président du Consistoire Central Israélite de Belgique considère que la rencontre fut "globalement positive". L'accord qui s'y est esquissé permettra de respecter les prescriptions de la religion juive qui enjoignent un minimum de 10 témoins aux mariages, règle qui fut au cœur de l'arrêt du Conseil d'État requis par des juifs. "Cette décision n'est bien sûr pas idéale, mais elle permet un accord entre nous tous, ce qui est le plus important, commente encore Philippe Markiewicz. Le ministre a par ailleurs promis de nous revoir début janvier pour envisager la suite."

Du côté musulman, le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique, Mehmet Üstün, estime que le cette mesure est minimale mais qu’il faut “être compréhensif” au vu de la pandémie. “Nous écrirons aux mosquées pour leur préciser les protocoles à suivre durant la semaine. Nous leur demanderons de rester fermer le vendredi, le jour où la prière attire le plus de monde. respecter ce jour-là une telle jauge s’annonce inmpossible.”

Un "cadeau empoisonné"

Du côté catholique, cette jauge de 15 personnes ressemble à un cadeau empoisonné explique un prêtre. "Qu'en faire? La suivre et être forcé de refouler la majorité des paroissiens aux portes de l'Église?", s'interroge-t-il. "Ce serait contraire à l'essence d'une messe qui est un moment de communion ouvert absolument à tout le monde." Les évêques se réuniront ce jeudi pour préciser les suites concrètes à donner à ce compromis et préciser l'allure que pourraient prendre les messes de Noël.