L'arrêté ministériel a provoqué la colère d’organisations syndicales comme celle du SETCA.

"Quand on sait que le personnel des magasins crève déjà et que la revendication des organisations syndicales est de limiter les ouvertures, pas de les élargir, c'est un vrai scandale!" Myriam Delmée, présidente du Setca, en charge du secteur commerce, a poussé un coup de gueule.

En cause? L'arrêté ministériel lié à la propagation du coronavirus qui affirme que les commerces alimentaires "ne peuvent être ouverts que de 7 à 22 heures." Auparavant, ces commerces n'étaient autorisés à garder leurs portes ouvertes uniquement jusqu'à 20 heures.

Myriam Delmée veut venir en aide aux travailleurs qui sont surexploités en ces temps de crise. "Il ne faudra pas s’étonner si à un moment des mouvements sociaux ont lieu. Travailler pour nourrir la population est une chose, mépriser le personnel, en ne le protégeant pas, et en demandant toujours plus est autre chose !"

En plus de la présidente du Setca, la FGTB avait déjà tiré la sonnette d'alarme aujourd'hui: "Les pouvoirs spéciaux, qui seront accordés au gouvernement Wilmès, ne doivent porter que sur la gestion sanitaire de la crise et ne doivent pas servir à remettre en cause la législation sociale."

La crise ne doit pas pousser aux dérives

Ce jeudi, la proposition de loi accordant au gouvernement de Sophie Wilmès des pouvoirs spéciaux pour trois mois renouvelables, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et ses effets économiques et sociaux, doit-être votée à la Chambre. Dans un communiqué, la FGTB craint "un effet d’aubaine ouvrant grand la porte à toute dérive en matière de temps de travail ou de nouvelles flexibilités."

Ces craintes sont renforcées par le fait que la dernière proposition de loi du 18 mars s'était faite sans concertation avec l'organisme qui défend les travailleurs. Myriam Delmée dénonce également le lobby de la Fédération du commerce et de la grande distribution (Comeos). "La semaine dernière, la ministre du Travail insistait sur le fait qu’il n’y avait pas de demande et qu’elle ne dérogerait à rien tant qu’il n’y avait pas de demande conjointe des interlocuteurs sociaux du secteur. Manifestement, les pouvoirs spéciaux lui ont donné des ailes à elle et à ses collègues. Preuve en est, que les pouvoirs spéciaux peuvent être mal utilisés et être l’ennemi de la démocratie sociale" dénonce-t-elle.

Pour conclure, les syndicats exigent "que les développements futurs tiennent compte de l’avis des organisations syndicales qui ont la meilleure connaissance pratique du terrain". Seront-elles entendues? Réponse ce jeudi...