La situation épidémiologique s'améliore en Belgique. Alors que l'on craignait de voir déferler sur notre pays une troisième vague de coronavirus, le pire a été évité comme l'ont expliqué les autorités, ce vendredi 5 mars en marge du Comité de concertation. Mais si la menace a été quelque peu écartée, la situation n'en reste pas moins précaire. C'est pourquoi les experts et les politiques ont choisi de rester prudents et de miser sur un plan extérieur pour débuter le déconfinement en avril. Selon le biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven), les chiffres du jour prouvent encore une fois que les risques de voir la situation repartir dans le mauvais sens restent bien présents, mais donnent également de l'espoir. Zoom sur les dernières données communiquées par Sciensano, à l'échelle du pays et au niveau provincial.

Les contaminations à la hausse dans quatre zones

La moyenne journalière des contaminations est de 2.344 sur les sept derniers jours. On enregistre donc une baisse de 3% par rapport à la moyenne de la période des sept jours précédente (2.420). Mais cette diminution ne s'observe pas dans toutes les provinces du pays. En effet, quatre zones présentent une hausse plus ou moins importante sur la période du 26 février au 4 mars, par rapport à celle allant du 19 février au 25 février: Limbourg (de 855 cas à 905 cas, +6%), Hainaut (de 2.003 cas à 2.146 cas, +7%), Namur (de 831 cas à 894 cas, +8%) et Bruxelles (de 2.088 cas à 2.289 cas, +10%). Si les contaminations diminuent sur le reste de territoire avec des baisses allant de -17% dans le Brabant wallon à -4% en Flandre Occidentale, Geert Molenberghs a estimé qu'il fallait garder à l'oeil la façon dont évoluent ces chiffres. "Nous ne voulons pas que les territoires où les contaminations augmentent entraînent une nouvelle hausse des hospitalisations", a-t-il mis en garde, auprès de nos confrères de Het Nieuwsblad.

© Sciensano

Le taux de positivité reste au dessus de 6 %

Si l'on regarde le taux de positivité (nombre de tests positifs sur le nombre total de tests effectués), on constate qu'il reste relativement stable. Depuis une semaine, il reste supérieur à 6%, mais diminue très légèrement (il était à 6,7% lundi dernier, il est à 6,3% à ce jour). C'est à Namur qu'il est le plus élevé (8,9%). S'ensuivent les provinces du Hainaut (8,5%) et la Région bruxelloise (7,7%). Le plus faible taux de positivité est observé dans le Brabant flamand (5,2%).

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Le taux de reproduction sous la barre de 1

Alors qu'il était repassé au-dessus de 1 dernièrement, le taux de reproduction (R) est aujourd'hui à l'échelle du pays à 0,98. Stable depuis plusieurs jours, ce R inférieur à 1 est une bonne nouvelle. Les experts estiment ainsi que pour que la situation reste sous contrôle, il doit être plus petit que cette valeur, qui signifie qu'une personne infectée par le coronavirus en contaminera une autre. Il est tout de même supérieur à 1 dans certaines zones du pays: Namur (1,101), Limbourg (1,075), Hainaut (1,021), Région bruxelloise (1,037).

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De bonnes nouvelles du côté des hospitalisations

Après un important rebond des hospitalisations, il semblerait qu'elles tendent à nouveau à diminuer. Ainsi, la moyenne journalières des admissions à l'hôpital sur les sept derniers jours est ce lundi de 145,1. Elle est en baisse de 3% par rapport à la moyenne observée sur la période de sept jours précédente (149,7). Le nombre de lits occupés par des patients Covid a toutefois augmenté de 2%. On compte actuellement 1.932 personnes hospitalisées suite à une infection au coronavirus, dont 426 se trouvent en soins intensifs (+5%). 

Selon Geert Molenberghs, deux choses ont entraîné l'importante hausse des hospitalisations que l'on a observée la semaine dernière. "D'une part, il y a l'augmentation du nombre d'infections. Maintenant qu'elles diminuent, moins de personnes se retrouvent à l'hôpital. Un modèle logique", a-t-il détaillé à Het Nieuwsblad. "Mais il y a aussi le variant britannique qui a joué dans ce phénomène. Nous savons qu'il conduit à davantage d'hospitalisations, il n'est donc pas surprenant qu'elles aient été soudainement très élevées." 

Enfin, on constate une légère hausse des décès (+2%) mais pour laquelle il ne faut pas s'inquiéter, selon l'expert de la KULeuven. Il s'attend à ce que la tendance à la baisse s'observe à nouveau très prochainement.