Les enfants belges de moins de 12 ans actuellement en Syrie seront rapatriés. L’information a été confirmée par le Premier ministre

Selon l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM), une cinquantaine d’enfants dont les mères revendiquent la nationalité belge seraient actuellement dans les camps de Al-Hol et d’Al Roj. Mais seulement 27 seront rapatriés dans un premier temps, l'incertitude planant sur la nationalité des autres, précise l'OCAM ce vendredi.

Les mamans de certains de ces enfants seront également rapatriées, mais une analyse de risque sera effectuée au préalable pour un rapatriement “au cas par cas”.

“Tout faire pour les sortir de là”

En 2017, la Belgique avait déjà annoncé que les enfants de moins de 10 ans en Syrie seraient rapatriés, ce qui n’a été que partiellement réalisé.

Cette fois, le Conseil National de Sécurité (CNS), qui s’est réuni mercredi, a décidé d’ouvrir la porte à un rapatriement “actif” et plus large puisque tous les mineurs de moins de 12 ans reviendront en Belgique.

Les députés Koen Metsu (N-VA) et Georges Dallemagne (CDH) ont interpellé le Premier ministre en plenière à ce sujet. “Le camp de Al-Hol est devenu la nouvelle capitale de l’État Islamique. C’est un chaudron extrêmement dangereux, tant pour la population locale que pour notre propre sécurité”, a lancé le député humaniste.

Le Premier ministre a répondu, confirmant le rapatriement en évoquant le risque de voir les enfants présents sur place devenir “les terroristes de demain”. “Nous ne pouvons pas le tolérer. On doit donc tout faire pour les faire sortir de là”.

Alexander De Croo a également souligné que la situation des mamans reste très préoccupante. “Le CNS a décidé que, pour les mères, la situation serait évaluée au cas par cas, le critère principal étant notre sécurité nationale. Si elles se sont distanciées de l’EI, elles pourront être rapatriées”, a-t-il conclu, rappelant que l’intention restait de les voir jugées sur place.

“Une bonne nouvelle, mais…”

Le délégué général aux droits de l’Enfant, Bernard De Vos, se dit soulagé par cette nouvelle. Mais il estime que “la Belgique a un train de retard” dans ce dossier. “C’est évidemment une heureuse nouvelle pour ces enfants qui n’ont jamais demandé à naître ou à vivre dans des camps de l’horreur, dans un pays ravagé par la guerre. Sauf que ce rapatriement arrive un peu trop tard pour de nombreuses familles dont nous n’avons aucune nouvelle. Nous savons que la situation est intenable là-bas, que le risque de radicalisation est important. Il fallait donc agir au plus vite dans l’intérêt de ces enfants, mais je ne peux m’empêcher de penser à ceux dont on a perdu la trace”.

Bernard De Vos s’interroge par ailleurs sur la procédure prévue pour rapatrier, en toute sécurité, ces enfants. Plus tôt cette semaine, plusieurs articles de presse mentionnaient le fait que les Kurdes avaient perdu le contrôle du camp d’Al-Hol. “La réalité est que la situation dans le camp s’est gravement dégradée”, a confirmé Alexander De Croo ce jeudi devant les députés.