Entre le 6 et le 12 octobre, il y a eu en moyenne 5.976,3 nouvelles infections au coronavirus par jour. Il s'agit d'une augmentation de 96% par rapport à la période précédente de sept jours, ressort-il de la mise à jour vendredi matin des chiffres provisoires communiqués par l'Institut de santé publique Sciensano. Le nombre de patients hospitalisés en Belgique est aussi en hausse (1.949 patients). 

Yves Van Laethem s'est tout d'abord exprimé sur la tenue du comité de concertation ce vendredi: "Nous allons vivre aujourd'hui une nouvelle étape importante dans la lutte contre le coronavirus, puisque c'est ce vendredi que le nouveau gouvernement va présenter ce baromètre qu'on attendait, et présenter des mesures plus sévères que celles que nous connaissons."   

"Au niveau médical, il est indubitable pour tout le monde que des nouvelles mesures sont nécessaires. Nous voyons tous les chiffres qui augmentent, et tous les indicateurs que nous vous présentons sont, et restent, au rouge", a poursuivi le virologue. 

Yves Van Laethem a également mis en garde les citoyens par rapport à la mise en place des nouvelles mesures plus sévères: "Nous vous demandons tout particulièrement, avant ce week-end, de ne pas récidiver le genre de situations qui se sont présentées lorsque le confinement a été mis en place au mois de mars".

"Nous ne voulons pas revivre des soirées débridées dans lesquelles on essaie, comme quelqu'un qui va être puni, de profiter une dernière fois d'un certain nombre de choses." Yves Van Laethem rappelle que ces situations ont conduit à une hausse des cas et d'hospitalisations dans les dix à quinze jours qui ont suivi. "Donc, s'il vous plait, ne faites pas ce genre de bêtises ce week-end", a prié le virologue. 

Par rapport aux chiffres, Yves Van Laethem a rappelé qu'ils sont au rouge. "Lundi, nous avons battu un triste record avec 8582 nouveaux cas. Malheureusement, ces records, nous les battons jour après jour". Yves Van Laethem s'est attendu en effet à atteindre 10.000 cas positifs pour mardi, lorsque les chiffres quotidiens seront officiels.

Le virologue a encore affirmé que l'augmentation des cas touchait tous les groupes d'âges, même si les jeunes qui ont la vingtaine étaient les plus concernés. Mais Yves Van Laethem a nuancé ses propos: "Progressivement, cet âge moyen glisse tout de même vers un âge plus avancé, c'est-à-dire vers une population qui est plus à risque de faire des complications". Selon Yves Van Laethem, la moitié des nouveaux cas touchaient auparavant les moins de 32 ans, contre les moins de 35 ans actuellement.  

Disparités régionales  

Si l'augmentation des nouveaux cas touche tout le pays, la Wallonie est la moins épargnée: "Les provinces du Hainaut, de Namur et du Luxembourg voient actuellement leurs chiffres doubler tous les six jours", a affirmé Yves Van Laethem. "La province de Liège a récemment dépassé la région de Bruxelles-Capitale, avec une moyenne de 1028 nouvelles infections par jour, soit une augmentation spectaculaire de 116% par rapport à la semaine qui a précédé". Bruxelles talonne Liège avec 1005 nouvelles infections quotidiennes, ce qui représente toutefois un léger ralentissement par rapport aux semaines précédentes.  
Viennent ensuite les provinces du Hainaut et d'Anvers, qui comptent respectivement 932 et 621 nouveaux cas par jour.  
 
 

Au niveau du testing, le virologue a reconnu que les centres étaient mis sous pression, mais que le nombre de tests restait extrêmement élevé: "Nous avons réalisé 70.000 tests durant la journée de mercredi. Sur ces tests, le nombre de cas positifs est extrêmement élevé: 13% des tests sont positifs en Belgique." 
  
A Bruxelles et à Liège, le pourcentage des tests positifs atteint maintenant 20%. Le taux de positivité se situe entre 13 et 20% dans les autres provinces wallonnes.  

Une augmentation inquiétante des hospitalisations 

Concernant les hospitalisations, Yves Van Laethem a attiré l'attention sur l'occupation des lits en soins intensifs: "On a un doublement des lits occupés tous les onze jours".

Selon le virologue, si cette hausse se poursuit, la barre des 500 patients en soins intensifs pourrait être franchie la semaine prochaine, et nous pourrions dépasser la barre des 1000 cas début novembre.

La situation des hôpitaux est plus sensible à Bruxelles et en Wallonie, avec un nombre d'hospitalisations globales qui atteint déjà la moitié de ce que nous connaissions durant le pic de l'épidémie, en mars-avril: "Ce sont des chiffres assez parlants, et mêmes impressionnants", a reconnu Yves Van Laethem. 
 
 

Yves Van Laethem a ensuite abordé la situation dans les maisons de repos et de soins en Belgique. "On voit une augmentation des nouveaux cas qui a commencé à la mi-septembre. Cette augmentation est née à Bruxelles, puis s'est poursuivie en Wallonie, et s'est déclarée dans un troisième temps en Flandre". Cette augmentation commence à plafonner à Bruxelles et en Wallonie, mais pas encore en Flandre.
Au niveau du taux de contaminations dans les maison de repos, il existe également des disparités régionales: "Le 13 octobre, on avait 6 résidents pour 1000 qui étaient infectés en Flandre, 9 pour 1000 en Wallonie, et 20 pour 1000 à Bruxelles". 

Néanmoins, 91% des maisons de repos en Flandre ne dénombrent actuellement aucun cas, contre 81% en Wallonie et 79% à Bruxelles. "La majorité des maisons de repos dans le pays sont donc épargnées", se réjouit le virologue. Le nombre de clusters dans les maisons de repos reste également assez faible pour le moment. 

Un manque d'adhésion aux mesures

Selon une étude réalisée par Sciensano entre le 24 septembre et le 2 octobre sur 30.000 personnes de plus de 18 ans, les gens étaient globalement satisfaits de leurs contacts sociaux, mais un tiers de la population ne se sentait néanmoins pas bien et relativement peu soutenue sur le plan des contacts sociaux. Cette enquête révèle également que les troubles anxieux ont augmenté (18% des personnes sondées disent en souffrir), mais que les troubles dépressifs se stabilisent (environ 15% de la population en souffrirait). Ces troubles ont particulièrement augmenté entre juin et septembre parmi le personnel de la santé. 

Yves Van Laethem a reconnu une certaine méconnaissance des mesures chez la population: "Si certaines personnes semblent assez informées, si l'on cherche un peu plus loin, on voit que la connaissance des mesures, mais surtout leur application, diminue". Les mesures d'hygiène et de distanciation sociale sont moins respectées: 23% des personnes interrogées ne respectent pas de quarantaine si elles se sentent malades, et 41% de la population ne tiendrait pas compte de la distanciation sociale.  
 
 

L'étude aborde également le thème de la vaccination et révèle que 50% de la population est prête à se faire vacciner; 33% n'est pas certaine et reste hésitante; et 17% n'a pas l'intention de s'y soumettre. Les personnes hésitantes sont davantage des femmes, des jeunes, et des personnes résidant en Wallonie. La crainte des effets de secondaires est la raison principale de cette réticence au vaccin. 

Interrogé sur un potentiel aplatissement de la courbe des contaminations, Yves Van Laethem a affirmé que ce n'était pas le cas actuellement, et que l'on connaissait plutôt une augmentation exponentielle de ces contaminations: "Nous espérons que les mesures prises ce jour nous permettrons de dire que ceci va changer dans les sept à dix jours à venir, si la compliance de la population à ces mesures est adéquate".