Pour le troisième jour consécutif, le nombre de décès dus au Covid-19 était en recul de plus de 20%, selon les chiffres de l'Institut de santé publique Sciensano publiés vendredi. Une bonne nouvelle, qui vient s'ajouter à celle de la baisse continue des admissions à l'hôpital, mais ralentit tout de même un peu. Seules les nouvelles contaminations, actuellement, suivent une légère hausse, mais le taux de positivité reste stable, autour de 5,5%.

À quelques heures de l'annonce d'une éventuelle réouverture des métiers de contacts , les experts du centre de crise se sont donc penchés sur les indicateurs de l'épidémie dans notre pays.

"La phase de plateau dans les chiffres se poursuit", a commencé Steven Van Gucht, soulignant "l'impressionnante réussite" des Belges à maintenir une stabilité dans les indicateurs du coronavirus depuis de nombreuses semaines, malgré la pression du virus. Seules les nouvelles contaminations, actuellement, suivent une légère hausse, mais le taux de positivité se maintient autour de 5,5%. Sur le site Our World in Data, on peut d'ailleurs observer que la courbe des contaminations est restée stable depuis novembre, "contrairement à celle de nombreux autres pays européens", a souligné l'expert flamand, "Cela exige un effort énorme et une solidarité de la part de tous les Belges, et nous pouvons en être fiers". "En contrôlant le nombre de contaminations, nous réduisons également le nombre de décès", a ajouté Steven Van Gucht.

Les enfants et adolescents, toujours les plus touchés

Actuellement, les nouveaux cas touchent davantage la Wallonie que la Flandre, mais il n'y a pas vraiment d'explication pour cela, selon l'expert, et des différences entre les régions et les provinces ont toujours été observées depuis le début de l'épidémie. En moyenne, les chiffres ont augmenté de 20% en Wallonie ces sept derniers jours, de 5% en Flandre, et ont stagné dans la Région de Bruxelles-Capitale. Le Brabant wallon a enregistré le plus de nouvelles contaminations sur cette période. Et les Belges les plus contaminés restent les enfants (un pic est observé chez les enfants de 11 ans) et les adolescents en ce moment, avec 25% des contaminations totales. "Mais ces augmentations sont moins prononcées que les semaines précédentes", a analysé le scientifique, qui remplace exceptionnellement Yves Van Laethem ce vendredi. En ce qui concerne les infections au variant britannique, Steven Van Gucht a précisé qu'elles concernaient 16% des cas comptabilisés les deux dernières semaines de janvier. "La proportion augmente depuis début janvier, mais semble ralentir en ce moment".


"Les décès ont fait un plongeon ces derniers jours", a tenu à souligner Steven Van Gucht, qui en est ensuite venu à la situation dans les maisons de repos, où les indicateurs sont à un niveau relativement bas. Entre le 27 janvier et le 2 février, 8 nouvelles infections pour 1.000 résidents ont été rapportées, cela montre tout de même une légère augmentation (6,4 la semaine précédente). En Flandre, 16% des maisons de repos ont signalé au moins un cas de Covid, 13% en Wallonie et 9% à Bruxelles. Les grands foyers restent heureusement rares, a rassuré l'expert. Et la courbe des décès y diminue de semaine en semaine, "mais il est trop tôt pour lier ça à la campagne de vaccination. Cela nécessite des analyses plus approfondies, car la diminution dure depuis une certaine période, et déjà avant le début de la vaccination". Mais, comme l'a souligné le virologue flamand, les patients admis à l'hôpital et qui sortent d'une maison de repos sont de moins en moins nombreux. En outre, parmi les décès imputés au coronavirus dans la population belge, la proportion de résidents de maison de repos est passée de 68% à 45% en un mois. 


Sommes-nous proches de l'immunité collective?

Steven Van Gucht a ensuite apporté des informations sur les anticorps présents chez les personnes ayant contracté le coronavirus. "Ils continuent à circuler dans notre corps pendant des mois, voire des années. Et indiquent donc si une personne a été en contact avec le virus". La dernière fois que le taux d'anticorps a été évalué chez les donneurs de sang, c'était fin décembre. Le nombre de personnes présentant des anticorps est resté stable entre novembre et fin décembre, et représentait 16% de la population. Cependant, une différence marquante a été observée entre les Régions du pays: en Wallonie, on a noté une augmentation de 24 à 27% des habitants possédant des anticorps contre le Covid, une hausse de 18% à 23% à Bruxelles, mais en Flandre, une diminution de 12 à 9% a été observée. 


Dans les hôpitaux, de plus en plus de soignants présentent des anticorps: leur nombre a grimpé de 20,3% entre novembre et décembre. "En résumé, les anticorps se retrouvent chez +/- 20% de la population. Mais cela est encore trop peu pour avoir une immunité collective", a précisé l'expert, qui espère voir cette immunité de groupe apparaître dans les mois à venir, grâce à la vaccination. Plus de 300.000 Belges ont déjà reçu leur première dose de vaccin, et plus de 44.000 d'entre eux ont reçu leur deuxième dose. La couverture vaccinale était donc de 2,67% à la date du 3 février.

L'importance du Passenger Locator Form

Antoine Iseux, chargé de communication au centre de crise, a ensuite pris la parole pour rappeler quelques règles en vigueur pour limiter la propagation du virus. Après avoir abordé l'interdiction des déplacements non-essentiels à l'étranger, il a reprécisé que les personnes se rendant tout de même hors du pays (pour des raisons essentielles donc, comme une garde alternée par exemple), étaient soumises à une déclaration sur l'honneur et que cette dernière ne remplaçait pas le Passenger Locator Form (PLF). Ce dernier document doit en effet être complété par tout Belge passant plus de 48 heures à l'étranger, ou toute personne qui vient chez nous pour plus de 48 heures. Chaque individu qui vient en Belgique par avion ou bateau, ou qui y entre grâce au train ou une compagnie de bus internationale depuis un pays hors-UE ou espace Schengen, doit également remplir le PLF, même s'il ne reste moins de 48 heures sur le territoire. "Remplir ce PLF est essentiel pour le suivi de l'épidémie. C'est sur base de ce formulaire, du lieu de destination et de provenance, des activités effectuées à l'étranger, etc. que seront déterminées les modalités de test et de quarantaine sur le territoire belge", a rappelé Antoine Iseux, insistant encore une fois sur l'importance du respect de la quarantaine, même si ce n'est pas évident à mettre en place au niveau pratique.