Les inégalités s’accentuent au niveau de l’accès aux soins de santé en Belgique, selon une étude publiée jeudi par l’Observatoire social européen (OSE) pour le compte de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami). Ainsi, les 20 % de personnes ayant les revenus les plus faibles sont beaucoup plus susceptibles d’avoir des besoins en soins médicaux non satisfaits que les personnes ayant des revenus plus élevés, en raison du coût de ces soins. L’étude pointe également que, comparativement aux autres pays européens, le système de santé belge est relativement peu performant concernant l’accès aux soins de santé des sous-groupes de population défavorisés.

"Ce sont principalement les personnes les plus vulnérables sur le plan socio-économique qui souffrent de besoins en soins de santé non satisfaits : 6,7 % des personnes appartenant à la catégorie des revenus les plus bas connaissent des besoins en soins médicaux non satisfaits en raison du coût. Ce pourcentage est proche de zéro pour plus de la moitié de la population aux revenus les plus élevés", expliquent les chercheuses de l’OSE, Rita Baeten et Sophie Cès.

Faible couverture

La forte augmentation du taux de besoins en soins de santé non satisfaits chez les personnes aux revenus les plus faibles est particulièrement préoccupante : de 4,1 % en 2011, il passe à 6,7 % en 2017.

La proportion de personnes ayant des besoins médicaux non satisfaits est nettement plus élevée en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre.

La couverture des frais d’hospitalisation par l’assurance maladie obligatoire est très faible en Belgique par rapport aux autres pays de l’UE. Certains patients reportent des soins hospitaliers afin de ne pas aggraver leur endettement.

Enfin, l’enquête révèle qu’avec la pandémie de Covid-19, les conséquences financières peuvent s’avérer dramatiques pour les patients en cas d’hospitalisation prolongée.

En conclusion, la complexité du système de santé belge - observée à tous les niveaux - constitue un frein additionnel non négligeable pour accéder aux soins de santé. Avec la numérisation progressive des services sociaux, administratifs et de santé, cette complexité tend à s’accroître encore davantage.