"À quoi ressemble un jeune Juif bruxellois ?” Telle était la question à la base d’une enquête menée par la revue Regards, en collaboration avec l’Institut d’étude du judaïsme de l’ULB, et sous la supervision du sociologue Claude Javeau. Menée auprès de 150 jeunes Juifs âgés de 14 à 18 ans, membres des mouvements de jeunesses juifs ou inscrits au cours de religion israélite dans une école non juive, elle permet de distinguer comment ces adolescents se comprennent et se définissent.

Un attachement culturel plus que religieux

Les résultats de cette enquête ne font que confirmer la poursuite du processus de sécularisation des Juifs”, peut-on lire à l’entame des conclusions. Plus de 60 % des adolescents déclarent ne pas croire en Dieu, et moins de 3 % vont à la synagogue chaque semaine.

Pour autant, ce processus de sécularisation “ne se traduit pas par une rupture avec leur judéité”, précise l’enquête (94 % se sentent juifs). Ainsi, si la grande majorité des jeunes ne respecte pas les règles de prescriptions alimentaires ni celles du shabbat, leur conscience juive s’exprime “de manière culturelle et passe par leur fréquentation de l’école juive, du mouvement de jeunesse juif et de leur relation avec Israël”. Cet attachement à la judéité “ne va pas à l’encontre d’une intégration à la société majoritaire, peut-on encore lire. Pour une majorité, la mixité ne pose aucun problème : l’identité juive de leur futur conjoint ou partenaire ne constitue nullement un critère dans leur choix.

Par ailleurs, l’attachement à Israël est “fort tout en étant lucide et marqué par l’esprit critique”. 85 % considèrent Israël comme important, 65 % se sentent sionistes, mais trois jeunes juifs sur quatre ne soutiennent pas inconditionnellement la politique du gouvernement israélien.

Enfin, près de sept répondants sur dix déclarent n’avoir jamais été confrontés à des comportements antisémites.