Dans quatre mois, si la situation sanitaire n’en décide pas autrement, les autorités publiques de la capitale retiendront 45 citoyens - parmi 10 000 Bruxellois - pour prendre part, aux côtés des parlementaires, à la prise de position. Un mode de désignation pour choisir ces hommes et ces femmes : le tirage au sort.

Mais comment les journaux quotidiens, les télévisions ou encore les revues périodiques vont-ils traiter à l’avenir l’arrivée de citoyens - a priori non initiés aux codes médiatiques - au sein des hémicycles du pays ? C’est précisément à cette question qu’ont tenté de répondre, mardi après-midi au Parlement francophone bruxellois, plusieurs médias invités dont La Libre.

Une partie de la réponse réside dans l’articulation du fameux triangle politique-journaliste-citoyen. Le défi n’est pas mince tant la relation entre les trois n’est pas toujours simple. Pas moins de 30 % des consommateurs de médias belges francophones considèrent que les décideurs politiques constituent la première source de désinformation. C’est ce que rapportait, mardi, le modérateur du jour et secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, Ricardo Gutierrez. Les citoyens "ordinaires" et les journalistes figurent respectivement en deuxième et troisième position de ce triste classement… juste devant les activistes. Un bémol tout de même : la couverture médiatique, didactique, de la crise sanitaire que nous traversons en Belgique semble plutôt avoir eu pour effet de renforcer la confiance des citoyens vis-à-vis des médias du pays.

Quelle presse voulons-nous ?

Le moment est peut-être bien choisi pour s’interroger : quelle presse voulons-nous dans une démocratie du futur ? Pour rendre compte de la cohabitation entre politiques et citoyens au sein d’un Parlement, le politologue de l’UCLouvain, Min Reuchamps, suggère trois types d’approche pour le journaliste : l’observation du débat politique, l’immersion et l’explication.

Sous prétexte que l’événement "aurait fait l’éloge ou aurait soutenu des individus ou organismes dangereux", Facebook a censuré la diffusion du débat sur la page du Parlement francophone bruxellois. Preuve que la démocratie du futur a encore besoin de sérieux réglages.