Ce vendredi, on peut constater que les nouvelles contaminations sont en baisse, de même que les admissions à l'hôpital. En revanche, la situation est plus compliquée en soins intensifs où 911 patients sont actuellement soignés. Parmi eux, 515 personnes ont besoin d'une assistance respiratoire.

Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, et Steven Van Gucht, président du Comité scientifique et chef du service Maladies virales de Sciensano, ont commenté ces chiffres en conférence de presse ce vendredi.

"Nous constatons une tendance positive ces derniers jours et elle se poursuit. Elle se manifeste dans les contaminations qui sont en baisse ainsi que dans les admissions à l'hôpital, qui diminuent également pour la première fois depuis des semaines et des semaines", lance d'emblée Yves Van Laethem. "Cependant, on se rend compte que le taux d'occupation des lits d'hôpital, et surtout en soins intensifs, reste extrêmement important. Il augmente encore. On s'attend à un ralentissement dans les semaines à venir et, on l'espère, une diminution".

"Nous sommes sur la bonne voie mais le chemin est encore long. Notre défi maintenant est de ne pas rester bloqués sur un plateau plus élevé que ceux qu'on a connus", poursuit-il. "Nous sommes tous fatigués de la situation que l'on connaît depuis plus d'un an et nous constatons bien dans les journaux tout ce qu'il se passe à gauche ou à droite, comme lors des manifestations. Soulignons que que la majorité de la population continue d'appliquer la majorité des mesures nécessaires pour diminuer le risque de contamination. C'est toujours un effort important à faire, mais il est nécessaire pour battre le virus en attendant que la vaccination s'installe en Belgique".

"Le virus circule encore de manière intense"

Le porte-parole interfédéral a voulu apporter quelques précisions sur la baisse des contamination. "La moyenne est en baisse (-25%) mais on sort d'un week-end de trois jours et cela impacte les moyennes. On a donc actuellement une sous-estimation de ces chiffres. La semaine prochaine, on connaîtra une surestimation. On sait aussi qu'en période de vacances, on a moins tendance à aller se faire tester. Moins de contaminations sont donc rapportées. La diminution des infections se manifeste dans tout le pays et tous les groupes d'âge. C'est chez les enfants et adolescents que les nouveaux cas ont le plus chuté, cela correspond à la fermeture des écoles. Le testing n'y est donc pas pratiqué actuellement."


Yves Van Laethem a ensuite apporté une mauvaise nouvelle: "Le pourcentage de tests positifs reste important. Il a encore augmenté. Il est passé au dessus des 8%, ce qui montre que le virus circule encore de manière intense dans la population. C'est à Namur que le taux est le plus élevé, suivi du Luxembourg, de la région de Bruxelles-capitale et du Hainaut".

Les soins intensifs saturés dans cinq jours ?

Par contre, une bonne nouvelle concerne les hospitalisations qui sont enfin en baisse. "C'est une baisse modeste (3%) mais on s'attend à ce qu'elle s'accentue dans les prochains jours. C'est en Flandre et à Bruxelles que les hospitalisations baissent le plus. On a encore une augmentation en Wallonie", commente Yves Van Laethem. "Un patient sur trois qui est hospitalisé se retrouve aux soins intensifs. Cela signifie qu'on pourrait atteindre le seuil des 1000 patients aux soins intensifs dans les cinq jours. Actuellement, on utilise 96% de la capacité des soins intensifs. Si ces chiffres continuaient à augmenter, les hôpitaux devraient réorienter les patients vers d'autres structures de soins intensifs, reporter des interventions pour des patients non-Covid ou encore ouvrir des unités de soins intensifs supplémentaires. Mais dans ces structures, la mortalité est plus grande que dans les soins intensifs classiques".


Ce mercredi, le record du nombre d'admissions à l'hôpital le plus élevé depuis le début de la deuxième vague a été battu. Pour le porte-parole interfédéral, il s'agit surtout d'un chiffre compensatoire du long weekend pascal. En revanche, l'occupation hospitalière n'a pas augmenté depuis mardi.

Enfin, les décès augmentent également de leur côté (+48%). On en dénombre en moyenne 39 par jour. "C'est la conséquence inévitable des semaines d'augmentation des hospitalisations et particulièrement en soins intensifs. Le pourcentage de décès des personnes en soins intensifs est de 20%. On doit s'attendre à avoir un taux de décès important dans les semaines qui viennent. Il va encore croître. Il est lié non pas à l'âge mais à la sévérité des cas des patients hospitalisés".


Plus de 1,6 million de personnes vaccinées

En matière de vaccination, les experts ont apporté de bonnes nouvelles. Plus de 1,6 million de Belges ont déjà reçu une première dose. Près de 600.000 personnes ont reçu leur deuxième dose.

"La vaccination change la donne. Mais il faut continuer à limiter ses contacts sociaux, et ce, même si on est vacciné", précise Antoine Iseux. "Il subsiste encore un risque de contaminer les autres. Tenons encore bon. Des temps meilleurs sont à venir mais il est encore trop tôt que pour lâcher prise".

Dans les maisons de repos, la situation est favorable. Le taux de contamination y est très faible.


Le pic des hospitalisations atteint, pas encore celui des soins intensifs

Lors des traditionnelles questions-réponses avec la presse, les experts ont évoqué le pic des hospitalisations et celui des soins intensifs. 

Yves Van Laethem pense que le premier a été atteint et qu'il faut encore attendre un peu pour atteindre le second. "On a l'impression que le pic a été atteint pour ce qui concerne les hospitalisations. Les jours qui viennent nous confirmeront ça. En soins intensifs, le pic n'est pas encore là. Cela augmente encore. En se basant sur les vagues précédentes, on remarque que le taux d'hospitalisation en soins intensif suit celui des hospitalisations générales avec 8 à 10 jours de retard."