Si l'arrivée du vaccin contre le Covid-19 est une bonne nouvelle, cela ne signifie pas que nous pourrons tous retrouver une vie normale dans la foulée. Et ce, pour plusieurs raisons, indiquent les experts interrogés par le journal, dont les propos ont été traduits par 7sur7.

1. Tout le monde ne sera pas vacciné tout de suite

Les ministres de la Santé l'ont encore répété lors de la d'une Conférence interministérielle de Santé publique (CIM) : le plan de vaccination de la Belgique se déroulera en plusieurs étapes. D'abord, les personnes à risques (les résidents de maisons de repos en priorité), ensuite les autres.

"D'ici l'été, on compte qu'environ 35% de la population sera vaccinée", résume Geert Molenberghs, professeur en biostatistiques (KU Leuven/UHasselt). "Si les gens qui ne sont pas encore protégés ont des comportements à risques, on risque encore de faire face à des milliers de contaminations", poursuit-il.

2. Être vacciné n'empêchera pas de respecter les mesures jusqu'en automne 

"La vaccination ne doit pas donner un sentiment de sécurité. Même quand un vaccin fonctionne pour 90% des gens, les 10% restants encourent toujours un risque. De plus, nous ne disposons pas d’assez de données pour oser conclure qu’on ne peut contaminer personne lorsqu’on est vacciné. ", indique l'épidémiologiste Pierre Van Damme.

Il n'est donc pas question de permettre aux personnes vaccinées de retrouver une vie normale et de laisser les autres sur le carreau. "Cela donnerait une société à deux vitesses", explique Marc Van Ranst. "Et puis, comment contrôler? Porter un bracelet pour dire qu'on est vacciné? Ces privilèges auraient pour effet que la personne lambda aura tendance à ne plus se tenir aux règles. Ce n’est donc pas une bonne idée", affirme le virologue de la KUL. Steven Van Gucht, porte-parole interfédéral dans la lutte contre le Covid-19, ne dit pas autre chose. Pour lui, ce n'est que lorsque tout le monde sera vacciné qu'on sera à nouveau libres. "On ne veut tout de même pas d'un système comme l'apartheid? Et ne parlons même pas de tous ceux qui frauderont".

Bref, ce n'est que lorsqu'il y aura un taux d'immunité de 70% au sein de la population belge que "plus de choses seront possibles", explique Steven Van Gucht. Cela devrait se produire en automne 2021. En attendant, il faudra se montrer patient. "On ne sera pas débarrassé du port du masque obligatoire en avril, j'en suis convaincu", ajoute-t-il. 

Mais d'ici là, "un tas de mesures actuelles deviendront sûrement une habitude", tempère Marc Van Ranst. "On ne se serrera plus la main et on n'enverra plus son enfant malade chez ses grands-parents, ce qui a toujours été une mauvaise idée d'ailleurs. J'imagine aussi que quelqu'un d'enrhumé pourra garder l'habitude de porter un masque, par signe de politesse envers les autres".