Dans une opinion publiée chez nos confrères de la VRT, les recteurs demandent un renforcement des mesures, mais surtout une accélération dans la prise de décisions politiques. "Nous sommes de plus en plus perplexes de voir à quel point le 'sens de l'urgence' fait défaut à de nombreuses personnes, y compris à certains de nos décideurs politiques", déclarent communément les recteurs Caroline Pauwels (VUB), Rik Van de Walle (UGent), Luc De Schepper (UHasselt), Herman Van Goethem (UAntwerp) et Luc Sels (KUL). "Les membres d'un seul et même gouvernement se contredisent, le jeu des reproches entre les différents niveaux de pouvoir se poursuit", déplorent-ils.


Ils se disent aussi "très préoccupés" par "l'extrême lenteur du processus décisionnel concernant l'approche de la deuxième vague. Les niveaux politiques se regardent les uns les autres. Les défaillances des politiques sont corrigées trop lentement. Elles sont complétées par des initiatives bien intentionnées, qui augmentent néanmoins le risque d'une circulation imparfaite de l'information. Et c'est littéralement et figurativement mortel. Ce dont nous n'avons absolument pas besoin, c'est d'une armée mexicaine. La crise n'est pas un peu fédérale, un peu régionale, un peu provinciale et un peu locale. Nous préconisons explicitement l'unité de commandement, en fonction des mesures à prendre, toujours au niveau du gouvernement le plus approprié".

Si les recteurs s’en prennent au monde politique, ils veulent également conscientiser l’ensemble de la population. Ils regrettent notamment le relâchement de certains : "Trop souvent, on prend trop de liberté alors que le virus nous hante encore, qu’il reste indompté et imprévisible". Rappelant l’importance des gestes barrières, le monde universitaire flamand met en garde : "Par notre comportement irresponsable, allons-nous exposer une fois de plus notre famille et nos amis, nos personnes âgées, nos plus faibles à des risques sanitaires dévastateurs ? ».

Les recteurs flamands concluent leur opinion par un avertissement relatif au Conseil National de Sécurité qui se tient ce jeudi : "Chers politiciens, allez enfin droit au but et n’optez plus pour des accords indécis ! Le pays vous en remerciera".