Un projet baptisé HOME (Human Remains Origin(s) Multidisciplinary Evaluation). Parmi ces restes humains, il sera aussi question de ceux collectés dans un contexte colonial, précise mardi un communiqué de l'IRSNB. Les musées et institutions conservent des restes humains qui proviennent du monde entier et sont issus de périodes variées. Une partie des collections publiques a été collectée durant l'époque coloniale, une autre partie a été collectée durant des fouilles archéologiques ou encore offerte aux musées par des collectionneurs privés.

Les chercheurs souhaitent mettre en lumière le contexte historique, scientifique et éthique lié à la collecte de ces restes humains. Le projet étudiera également un cadre légal pour la restitution de ceux-ci.

Le projet envisage d'identifier les personnes, les conditions dans lesquelles leurs restes ont été collectés et de mieux comprendre les modes de vie de l'époque, tant d'un point de vue culturel que biologique.

En Belgique, il n'existe encore aucune ligne directrice pour la conservation et la gestion de restes humains, ni de cadre juridique pour restituer les restes humains à des membres de la famille, des institutions ou des pays d'origine.

En se concertant avec différentes parties-prenantes, les chercheurs souhaitent identifier tous les avis sur la restitution. "Cette connaissance nous aidera à prendre des décisions quant à une possible restitution", explique le conservateur en chef Patrick Semal.

Une des études de cas possibles est le crâne de Lusinga Iwa Ng'ombe. Le crâne du chef Tabwa, décapité, a été ramené en Belgique comme butin de guerre à la fin du 19e siècle. Il est aujourd'hui conservé à l'IRSNB. En 2018, un descendant de Lusinga a fait une demande de restitution auprès du Roi. Cette demande a été récemment reconduite par des professeurs de l'Université de Lubumbashi.