Les personnes âgées de 65 ans et plus devraient représenter 23,4% de la population wallonne en 2035, contre 18,9% en 2020. Il s'agit d'une augmentation de 195.933 personnes en 15 ans. La proportion des seniors variera entre 13,5% et 35,7% selon les communes. Ce groupe d'âge sera proportionnellement plus important dans les zones proches de la frontière française, dans le nord de la province de Luxembourg et dans l'est de la province de Liège. Par contre, l'est de la province de Luxembourg présente des taux faibles de seniors en 2035.

La population wallonne devrait croître de 3,4% à l'horizon 2035 mais l'évolution démographique attendue varie selon les communes, entre -9,8% et +29,2%. Près des trois quarts des communes wallonnes devraient cependant voir leur population augmenter. Cette croissance est surtout due à des migrations internes à la Belgique, qui ont plus de poids que les naissances et les décès sur l'évolution démographique, relève l'Iweps.

"Les plus fortes hausses se situent surtout aux limites des zones touchées par la périurbanisation", phénomène défini comme un étalement de l'urbanisation vers les communes avoisinant les agglomérations. L'Iweps cite les communes hesbignonnes ou frontalières du Grand-Duché du Luxembourg. Les communes plus rurales s'affichent également en forte croissance, attirant des adultes avec enfants et des retraités. C'est le cas notamment de communes autour de Ciney ou de communes luxembourgeoises comme Manhay.

Les grandes villes comme Verviers, Tournai et Charleroi devraient quant à elles perdre des habitants. Les communes à taux de croissance négatifs se situent dans le Hainaut (au sud et à l'est de Charleroi, au sud de Tournai) ainsi qu'à l'est de Liège et dans les zones éloignées de grands centres pourvoyeurs d'emplois comme le long de la frontière française. Le centre du Brabant wallon verra aussi sa population reculer en raison du vieillissement rapide de ses communes.

Le nombre de ménages devrait croître de 7,8% entre 2020 et 2035. "Ces dernières années, la composition des ménages en Wallonie a connu une transformation profonde. Le nombre total de ménages augmente compte tenu du nombre de plus en plus élevé de personnes isolées, mais également de ménages de deux personnes", commente l'Iweps. La taille moyenne des ménages wallons privés diminue en effet, avec 2,3 personnes en moyenne en 2020. Ce phénomène est dû au vieillissement de la population et à l'augmentation des divorces et autres séparations. À nouveau, les estimations varient selon les communes, entre -3,5% et +29%. Seules Verviers, Dison et Spa devraient afficher des taux de croissance négatifs d'ici 2035. Ces trois communes enregistrent déjà une baisse du nombre de leurs ménages.

Les perspectives de l'Iweps se calibrent sur les dernières prévisions du Bureau fédéral du plan datant de janvier 2021, qui prennent en compte l'effet de la pandémie de coronavirus sur la mortalité, les migrations internationales et la fécondité. Selon celles-ci, la pandémie influera à la baisse les projets de naissance dès 2021. Les naissances devraient diminuer en Wallonie de 25.902 unités entre le 1er janvier 2020 et le 1er janvier 2035, selon ces perspectives.