Ils réclament que les policiers soient considérés comme catégorie de personnel prioritaire afin d'obtenir du matériel de protection comme des masques pour les agents d'intervention. Si cette demande n'est pas entendue, la police fera grève à la mi-avril.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les policiers d'intervention, qui sont donc au contact direct et rapproché de la population, ne sont, pour la plupart, pas équipés de masques. En cette période de crise sanitaire du coronavirus et de réactions parfois agressives de personnes interpellées (des cas de crachats au visage de policiers ont été rapportés), les syndicats de police estiment qu'un tel équipement n'est pas un luxe.

"Depuis dimanche, nous réclamons des masques FFP2 pour les policiers de première intervention. Mais, lors d’une réunion du Comité supérieur de concertation, le Dr Pardon (expert en urgences de santé publique, NdlR) a estimé que les policiers n’étaient pas prioritaires et que les masques doivent aller au monde médical", explique Vincent Gilles, président du syndicat SLFP Police. La plupart des policiers travaille donc sans masque, hormis ceux dépendant de zones de police qui avaient en stock des masques chirurgicaux. "Mais il faut l’aval de l’officier supérieur pour pouvoir les porter. Et il faut savoir que les policiers ont l’obligation de couvrir le visage des personnes interpellées (pour éviter des crachats, NdlR)", ajoute le syndicaliste.

Les syndicats veulent dès lors "des directives communes et un équipement généralisé" pour les policiers fédéraux, ainsi que des modalités d'utilisation des équipements de protection, une demande qui, à l’heure actuelle, n’a pas reçu de réponse favorable. En front presque commun (SLFP, CSC et SNPS), les syndicats ont donc déposé un préavis de grève auprès du ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V), "et ce n’est pas par plaisir", tient à préciser Vincent Gilles.

Possible grève du 12 au 19 avril

Dans ce document, on peut lire que, si les syndicats n'obtiennent pas gain de cause, une grève "prendra cours le 12 avril 2020 à 1 h et se terminera le 19 avril 2020 à 23h59. Durant cette période, la grève pourra avoir toutes les formes possibles". Le front commun menace également "de déposer un préavis de grève identique pour les corps de police locale si les choses ne se déroulent pas de manière satisfaisante pour ce préavis-ci".

"Il est important de retenir que les organisations syndicales du secteur policier ne veulent en aucune façon enlever le droit d’une autre profession aux éléments essentiels de protection, mais il est évident que nous nous devons de défendre les membres du personnel policier qui sont une pièce tout aussi essentielle de cette guerre (dixit plusieurs autorités politiques) menée au Covid-19. Enfin, au-delà des policiers qu’il s’agit de protéger, c’est toute la population qui s’en trouverait ainsi un peu mieux protégée, car un policier en circulation au long d’une journée rencontre beaucoup de citoyens", concluent les syndicats dans leur préavis de grève.

Au cabinet du ministre De Crem, on se dit "très préoccupés par la santé de nos policiers, qui sont en première ligne". "Nous sommes très conscients du travail crucial des policiers, des difficultés qu'ils rencontrent sur le terrain et nous sommes avec eux. Il n'y a pas beaucoup de masques disponibles en Belgique et c'est la task force, pilotée par le ministre De Backer, qui décide de leur affectation, en priorité pour le personnel médical. Ce choix n'est donc pas de notre compétence", souligne Erik Eenaerts, le porte-parole du ministre de l'Intérieur.