Les zones de police que nous avons sondées en sont convaincues : il n’y aura pas de problèmes d’effectifs liés aux congés.

Les syndicats sont plus nuancés, voire sceptiques.

" Le ministre de l’Intérieur simplifie les choses. Il dit qu’il n’y aura pas de festivals donc des effectifs vont se libérer. C’est trop facile ", réagit Eddy Quaino, mandataire permanent police à la CGSP Admi. " Avec la crise, le travail des policiers a été plus intense. Avec le déconfinement, ils espéraient souffler un peu. Et maintenant, ça repart. Il n’est de fait pas acquis qu’il y aura sous-effectifs, même si beaucoup de policiers ont encore des reliquats de congés de 2019 qu’ils n’ont pas encore pu prendre avec la crise. Heureusement, vu le contexte, ces reliquats pourront, cette année, s’étaler jusqu’à fin 2020. Mais disons-le plutôt autrement : la police ne sera peut-être pas plus en sous-effectifs qu’en temps normal."

Thierry Belin, secrétaire national du syndicat de police SNPS, est plus virulent. " Je suis pour le port du masque. Mais il y aura des effectifs réduits durant les vacances. Comment fait-on pour augmenter les contrôles ? Vous vous rendez compte du nombre de restaurants ou de cafés qu’il y a à contrôler ? Les heures supplémentaires, à la police, ce n’est pas prévu. Et avec ce qu’on leur a déjà demandé ces derniers mois, les gars sont sur les rotules."

"S’il fait beau, les gens, c’est sûr, ils vont faire la fête. La police va devoir intervenir si les distances ne sont pas respectées, si les gens ne portent pas de masque. Une patrouille de deux policiers va arriver sur place et se retrouver face à un rassemblement. avec de nombreuses personnes. Il suffirait qu’un petit con ait bu un coup de trop pour que tout cela dégénère."

Devoir vérifier si, dans les artères commerciales, chaque passant porte bien son masque et éventuellement devoir sanctionner n’enchante pas plus le syndicaliste : "Nous sommes de plus en plus dans un État policier."