Une interdiction des voyages non-essentiels sera au menu des discussions du sommet européen de ce jeudi. Le Premier ministre Alexander De Croo y est favorable, et la mesure sera sur la table du Comité de concertation de vendredi.

L'Association belge des tour-opérateurs (ABTO) s'attend à une telle décision et la comprend. "Nous voulons, comme la population, que le virus disparaisse au plus vite et donc empêcher des variants d'entrer dans le pays", souligne son porte-parole Pierre Fivet.

Le nombre de réservations pour les vacances de Carnaval est très faible et des opérateurs ont déjà pris l'initiative d'annuler leurs séjours. L'ABTO n'attend donc rien de cette période. "Il sera également très difficile de partir à Pâques", ajoute M. Fivet.

L'association est dès lors déjà tournée vers l'été, en espérant que les Belges réserveront des séjours au soleil le plus vite possible. "Avec le confinement, l'envie de voyager est plus forte que jamais. Nous voyons la vaccination comme la lumière au bout du tunnel."

Du côté de l'Union professionnelle des agences de voyages (UPAV), on ne se montre pas plus optimiste pour juillet et août. "Il y a beaucoup d'hésitation, ce sera donc surtout du last minute", explique la vice-présidente Anne-Sophie Snyers. Le secteur espère une décision harmonisée pour éviter des départs de villes limitrophes comme cela avait été le cas lorsque les voyages non-essentiels avaient été interdits l'an dernier.

Les agences, débordées par les annulations depuis plusieurs semaines, voudraient également voir s'arrêter le "bashing" qui les vise. "On nous tire dessus à boulets rouges, certains de nos membres se font insulter comme s'ils étaient responsables de la propagation du virus, alors que nous ne représentons qu'une partie du secteur du voyage", souligne Mme Snyers. "La personne partie skier et qui a ensuite entraîné le confinement de milliers de personnes n'était pas partie via une agence", illustre-t-elle.