On peut tourner les chiffres dans tous les sens, une évidence s’impose : les nouvelles infections au Covid-19 explosent. Sur la semaine du 1er au 7 octobre, il y a eu 3 750 nouveaux cas confirmés par jour en moyenne, selon les données rapportées dimanche par Sciensano, l’institut belge de Santé publique. C’est presque le double de la semaine précédente au cours de laquelle on avait enregistré en moyenne 1 983 cas par jour ! Le 7 octobre, en un seul jour, près de 6 083 infections (chiffres non consolidés) ont même été détectées. Et on serait à 8 000 contaminations au cours des dernières 24 heures, indiquait dimanche Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19.

Au cours de la même période de référence, 15 personnes sont décédées chaque jour ; on comptait 8 décès quotidiens une semaine plus tôt.

Inquiétude dans les hôpitaux

Le nombre d’hospitalisations suit la même courbe ascendante : on est passé de 819 lits occupés le 3 octobre à 1 257 samedi 10 octobre (une moyenne de 119 admissions par jour), soit une augmentation de 53 % de patients hospitalisés. Dont 226 dans les unités de soins intensifs (USI), où 98 personnes nécessitaient une assistance respiratoire et 9 une oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO).

Tous les voyants sont au rouge écarlate. Dans le secteur hospitalier, les médecins envisagent avec angoisse la situation dans les prochaines semaines, quand les nouveaux malades débouleront dans les unités.

Des chiffres "dramatiques"

La situation épidémiologique flambe. Invité dimanche midi sur le plateau de VTM, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), a évoqué des chiffres "dramatiques". Même tonalité dans les propos du Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) au JT de la RTBF samedi soir : "C’est clair que la situation est grave et inquiétante", soulignait le Premier ministre.

Les nouvelles mesures prises par le gouvernement (réduction des contacts personnels à 3 maximum ; fermeture des bars et cafés à 23 heures ; pas de rassemblements de plus de 4 personnes) étaient nécessaires pour faire infléchir les courbes du Covid-19, a justifié le Premier ministre. Seront-elles suffisantes ? "Si ça ne s’améliore pas, on va devoir prendre des mesures plus contraignantes et ce sera pire qu’aujourd’hui", répondait M. De Croo.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke n’exclut plus un nouveau lockdown : "Je ne peux pas garantir que nous pouvons éviter le confinement", a-t-il indiqué sur le plateau de VTM.

La situation risque de devenir très vite hors de contrôle, surtout à Bruxelles et en Wallonie (voir épinglé). Vers quoi se dirige-t-on dans les jours à venir ? L’effet des récentes mesures décidées au niveau fédéral, ainsi que la fermeture des bars, cafés et salles de fête à Bruxelles, ne se mesurera pas avant 8 à 10 jours.

Télétravail obligatoire ?

Pourra-t-on se permettre d’attendre et d’assister les bras croisés à l’augmentation, qui s’annonce exponentielle, des contaminations ? Sans doute pas. Des mesures supplémentaires sont envisagées au niveau des Provinces wallonnes : les gouverneurs se sont déjà réunis. Ils pourraient annoncer la fermeture des bars et cafés, comme c’est le cas à Bruxelles depuis jeudi.

On évoque aussi l’instauration d’un couvre-feu (à partir de 23 h ? de minuit ?) pour éviter que les fêtards, privés de lieux de rassemblement, se retrouvent nombreux dans d’autres endroits privés (maisons, appartements, garages…). Une nouvelle réunion de concertation entre gouverneurs est prévue ce lundi.

Et si ça ne suffit pas ? Personne ne songe à un reconfinement global et massif, comme en mars, où le pays avait été mis à l’arrêt, nous indique-t-on. Les écoles, les entreprises et les transports en commun ne devraient pas être reconfinés. Mais le télétravail, aujourd’hui fortement recommandé, pourrait être rendu obligatoire (par exemple 4 jours sur 5) dans les secteurs où c’est possible. Avant d’autres mesures plus douloureuses : fermeture des restaurants, des magasins, des lieux culturels… On n’en est pas (encore) là.